Fin du plan grand froid , « bonne gestion et clarification des compétences » ou abandon des métropoles ? - Demande d'intervention par Monsieur le Conseiller communal Yassine BOUHAFA
Monsieur le Bourgmestre, chers collègues,
Permettez-moi d'être clair dès l'abord : je ne conteste pas l'idée que des politiques d'économie peuvent être nécessaires, au fédéral ou à la Région. Une gestion responsable, nous la voulons tous. Mais il y a une différence fondamentale entre « faire des économies » et « faire payer les mêmes erreurs à ceux qui ont le moins ». Et c'est précisément là que le bât blesse pour Charleroi.
Charleroi n'est pas une commune comme les autres : c'est l'une , je dis bien l'une , des plus grandes métropoles de Wallonie. Ce statut entraîne des charges spécifiques : concentration de pauvreté, besoins accrus en matière d'accueil social, défis de sécurité liés à la densité et à la précarité. Quand l'État ou la Région retirent des moyens , comme ils l'ont fait pour le plan Grand Froid , ce n'est pas un simple ajustement comptable. Pour nous, cela signifie des places d'hébergement fermées, des relais sociaux débordés, des personnes laissées dehors quand il gèle.
On peut appeler ça « clarification des compétences » autant qu'on veut : pour les Carolos, c'est une clarification de l'abandon. Et que dire des coupes dans les aides aux sans-abri ou des transferts de charges imposés sans contrepartie financière ? Oui, on peut réduire les dépenses publiques, mais pas au prix d'augmenter la misère et l'insécurité dans nos quartiers. On peut être austère sans être inhumain ; on peut être responsable sans sacrifier les plus fragiles.
Regardons les conséquences concrètes : plus de demandes d'aide que de moyens pour y répondre ; des services communaux obligés de compenser des choix qui ne sont pas les leurs ; des taxes locales qui grimpent pour combler des trous budgétaires décidés ailleurs. Ce sont les habitants de Charleroi qui payent l'addition. C'est inacceptable.
Monsieur Dermine, vous savez mieux que quiconque que la solidarité n'est pas une variable d'ajustement. Charleroi ne doit pas servir de bouc émissaire pour des politiques qui manquent de vision et de courage. Nous demandons que les décisions de transfert de compétences soient accompagnées des moyens nécessaires, que les coupes touchant la protection des plus vulnérables soient revues, et que l'on cesse d'opposer rigueur budgétaire et dignité humaine.
Monsieur le bourgmestre ,avez-vous ou comptez-vous exiger, avec force, que les décisions de transfert de compétences soient accompagnées des moyens nécessaires, et que l'on cesse d'imposer aux Carolos le prix humain et fiscal de ces choix ?
Entend l'intervention de Monsieur le Conseiller Yassine Bouhafa ;
Entend la réponse de Monsieur le Président du CPAS Philippe Van Cauwenberghe ;
Entend les répliques de Monsieur le Conseiller Jean-Noël Gillard, de Mesdames les Conseillères Sophie Tillens et Isabella Greco, et de Monsieur le Conseiller Yassine Bouhafa.
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