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Précarité menstruelle - Demande d'intervention par Madame la Conseillère communale Maria CAZZETTA https://www.deliberations.be/charleroi/decisions/16-fevrier-2023/precarite-menstruelle-demande-dintervention-par-madame-la-conseillere-communale-maria-cazzetta https://www.deliberations.be/@@site-logo/logo.svg
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Séance publique du Conseil
16 février 2023 (18:30)
Point N° 8
State
Décision
Matière
Politique générale
Mandataire
Bourgmestre (P. Magnette)

Précarité menstruelle - Demande d'intervention par Madame la Conseillère communale Maria CAZZETTA

En février et en septembre 2021, nous vous interpelions sur la précarité menstruelle à laquelle sont confrontées nombre de femmes en Belgique.

En septembre 2021, Mme l’Echevine Julie Patte nous disait attendre les résultats de l’enquête menée par Synergie Wallonie avant la mise en place d’éventuels projets-pilotes.

Nous sommes allés consulter les résultats de cette enquête. Dans un premier temps, il nous est rappelé que la précarité menstruelle est la difficulté à accéder à des produits périodiques pour raisons financières et le manque d’accès à des sanitaires, des soins et de l’information sur le cycle menstruel.

Si nous nous arrêtons aux seuls chiffres qui concernent les étudiantes, la Fédération des étudiants francophones (FEF) estimait en 2019 que 80 000 étudiantes étaient en situation de précarité menstruelle.

Prenons également les résultats d’une autre enquête menée par le service de statistique de l’UE sur le revenu et les conditions de vie. Cette étude montre que le pourcentage de belges en situation de Privation Matérielle Sévère en 2020 serait de 3,9%.

Pour rappel, être en situation de Privation Matérielle Sévère c’est avoir des arriérés de paiement, ne pas chauffer correctement son logement, ne pas pouvoir faire face à des dépenses inattendues, ne pas manger de protéines tous les 2 jours, ne jamais partir en vacances et ne posséder ni télévision, ni lave-linge, ni voiture, ni téléphone.

Ainsi, dans ce contexte, les données récoltées par l’enquête menée par Synergie Wallonie sur un échantillon de 4000 personnes sont très parlantes : le coût des menstruations s’élèverait à 5300€ sur une vie. 11 à 12 € par mois. Pour certaines des personnes interrogées, il existe une réelle difficulté financière voire une impossibilité à se procurer des protections périodiques. Certaines femmes, étudiantes, sans domicile fixe, migrantes ou mères de famille, doivent parfois faire l’impasse sur l’achat de protections pour pouvoir acheter d’autres produits de première nécessité.

L’étude montre également que :

- 37% des personnes interrogées ont déjà demandé des protections périodiques à des proches.

- 29% ont déjà utilisé autre chose comme du papier toilette ou des mouchoirs en papier.

- 5% ont déjà manqué l’école ou le travail par manque d’argent pour l’achat de protection.

Voici donc Madame l’Echevine, quelques-uns des éléments de l’enquête que vous attendiez avant de pouvoir mettre en place des projets pilotes. C’est ce que vous nous disiez en septembre 2021.

Tout récemment, les journaux nous parlaient de 5 écoles de la Fédération Wallonie Bruxelles qui lançaient un projet-pilote de mise à disposition de distributeurs de serviettes hygiéniques et de tampons pour les élèves de 5e et 6e primaire et de l’enseignement secondaire. 5 écoles sur 120 écoles… vous me l’accorderez, c’est peu. De plus, combien de temps faudra-t-il attendre avant que le projet ne se généralise ?

Cela fait bien longtemps donc que vous promettez des études, des tests et autres projets-pilotes avant de pouvoir installer des distributeurs. Combien en faudra-t-il encore et combien de temps prendront-ils avant de pouvoir se généraliser ? La précarité menstruelle a-t-elle besoin de nouvelles études ? Non, parce que vous savez déjà combien les besoins sont réels.

Ma question sera donc très simple Mme l’Echevine. Je vous demande combien de sang devra encore couler, combien de honte et de souffrance devront être réprimées avant que des distributeurs soient tout simplement installés dans les écoles de la commune ?

Je vous remercie.

Entend l'intervention de Madame la Conseillère Maria Cazzetta, les réponses de Madame l'Echevine Julie Patte et de Monsieur le Président du CPAS Philippe Van Cauwenberghe et la réplique de Madame la Conseillère Maria Cazzetta.


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