La pénurie de médecins généralistes à Charleroi s'aggrave - Demande de question d'actualité par Madame la Conseillère communale Sofie MERCKX
Cette question d'actualité est regroupée avec la question écrite de Monsieur le Conseiller Maxime Felon " Charleroi en pénurie de médecins généralistes " portant sur le même sujet.
Monsieur le Bourgmestre, Madame l'Échevine de la Santé,
L'institut Hainaut Développement sortait ses chiffres lundi et la Nouvelle Gazette s'en est fait le relais : en 2020, on comptait 750 habitants par médecin pour Charleroi. C'est bien au-delà des chiffres pour le Hainaut (583 habitants/médecin) et pour la Belgique en général (513 habitants/médecin).
Cette pénurie se fait ressentir sur le terrain, d'autant plus en cette période de pandémie où la charge de travail, administrative et médicale, a explosé pour la première ligne de soins, à savoir les médecins généralistes entre autres. Nombreux sont les patients qui appellent à la maison médicale en suppliant de les prendre : « Vous êtes le dixième médecin que j'appelle, je ne sais plus quoi faire ! ».
Cette pénurie ne vient pas de nulle part et c'est important de le dire : elle est organisée par le ministre de la Santé fédéral, Franck Vandenbroecke (Spa) et ses prédécesseurs qui ont imposé un numerus clausus sur les numéros INAMI (donc le fameux sésame pour pouvoir exercer en tant que médecin et que vos patients soient remboursés par leur mutuelle). Leur idée est que plus il y a de médecins sur le territoire belge, plus on va devoir payer pour les soins de santé en Belgique. Or ce qu'on voit, c'est que ce type de politique diminue le nombre de médecins d'année en année mais ne diminue pas le montant des dépenses pour la Santé. Le nombre de médecins généralistes n'a pas d'influence sur le montant des dépenses dans la Santé.
Ensuite, on voit que la pénurie, si elle est globalement générale (selon le cadastre de l'Aviq de 2016, 119 communes wallonnes étaient en pénurie de médecins), elle est plus sévère encore dans les zones rurales et dans les zones les plus défavorisées au niveau socio-économique comme à Charleroi. C'est aussi là où on va trouver la population en moins bonne santé et qui donc, aurait d'autant plus besoin de la présence d'une première ligne forte et de proximité. Sur ce point-là, regarder le seul chiffre du nombre d'habitants par médecin sous-estime donc la pénurie de médecins généralistes.
Renforcer la première ligne, c'est aussi investir dans la prévention et éviter de surcharger nos hôpitaux. Ce sont des mesures essentielles pour garantir une Ville en bonne santé et la pandémie nous a montré qu'on en fait encore trop peu pour informer, rassurer et prendre en charge les patients via la première ligne de soins. Il y a donc urgence pour attirer les jeunes médecins à Charleroi si on veut garantir à chaque carolo l'accès à des soins de première ligne.
En premier lieu, nous devons soutenir la création et les activités des maisons médicales. Ces centres pluridisciplinaires où l'on retrouve médecins, accueillants, infirmiers, et parfois kinés, psychologues et dentistes, prennent en charge le patient tant sur le plan curatif que préventif et diminuent ainsi les dépenses de santé. À ce titre, vous aviez inscrit dans votre Projet de Ville un point pour, et je cite, : « Renforcer l’accès de tous à la médecine de première ligne, notamment par un soutien aux maisons médicales existantes et à la création de nouvelles maisons médicales ».
Ensuite, nous devons faciliter les déplacements en ville pour les soignants qui voient les patients à domicile en revenant sur la politique de parking payant qui compliquent leur travail au quotidien.
Enfin, nous devons diminuer la surcharge administrative: abolir le système de médecine de contrôle (via OCM) imposé aux travailleurs de la ville, CPAS, ISPPC, etc : c'est une source de stress inutile pour les patients, c'est une surcharge administrative pour les médecins généralistes et une source de frustration puisqu'on contrôle aussi leur travail et leur bonne foi.
Ce sont quelques pistes concrètes qui permettront de rendre la Ville de Charleroi plus attractive et aideront certainement les médecins déjà présents dans leur travail. Quelles sont les engagements et les garanties que la Ville de Charleroi peut prendre vis-à-vis des futurs potentiels médecins carolos ?
https://www.sudinfo.be/id444772/article/2022-02-14/des-medecins-de-moins-en-moins-nombreux-charleroi-en-compte-un-pour-750
Entend la question d'actualité de Madame la Conseillère Sofie Merckx, la réponse de Madame l'Echevine Alicia Monard et la réplique de Madame la Conseillère Sofie Merckx.