Au Collège,
Si les violences intrafamiliales sont un fléau, malheureusement pour de nombreuses victimes la séparation ne suffit pas à mettre fin à l’horreur qu’elles vivent. Les forces de l’ordre de notre pays enregistrent chaque année 20.000 plaintes pour des faits de harcèlements, et encore il ne s’agit que de celles qui sont déposées, la réalité du harcèlement étant largement plus grande.
D’après les statistiques de la Police, dans l’immense majorité des cas, il s’agit d’ex-compagnons, des hommes qui tentent désespérément de recoller les morceaux, des hommes qui utilisent la contrainte pour obtenir des explications ou qui cherchent à se venger. Souvent, le harcèlement s'accompagne de violence physique. Le risque de subir des violences physiques est le plus élevé pour les femmes qui en ont déjà été victimes au cours de leur relation. Dans certaines situations, la vie des victimes est réellement en danger. Une femme sur cinq en Belgique a déjà été confrontée à de la violence intrafamiliale.
Depuis 2019, un projet pilote a été lancé dans la zone de Police de Gand, et ensuite dans les provinces de Flandre orientale et Flandre occidentale : un système d’alarme anti-harcèlement.
Il s’agit d'un bouton physique, de la taille d’une pièce d’un euro, qui est connecté au smartphone de la victime. Si elle presse ce bouton quelques secondes, celui-ci envoie alors immédiatement un appel à la centrale d'urgence, en précisant sa localisation. Via un bluetooth relié à l’application 112 téléchargée sur le GSM de la victime, le dispatching de la police voit directement qu’il s’agit d’une urgence. Il peut alors directement identifier la victime, entendre ce qu’il se passe, géolocaliser la personne et envoyer une patrouille pour lui venir en aide. La police peut intervenir sur le champ et empêcher un drame.
L’avantage est que c’est rapide et discret. Dans le cadre de l’expérience, 40 personnes ont bénéficiés du système, pendant la période de test 21 alertes ont été suivies d’une intervention et ont donné lieu à dix arrestations. En moins de 10 minutes, la police était sur place pour mettre en sécurité la victime et ses enfants.
Près de 9 femmes sur 10, qui ont utilisés ce système, se sentent nettement plus en sécurité grâce à cette alarme. En moyenne, l'alarme harcèlement n'était plus nécessaire au bout de six mois. Ensuite, 70 % des victimes n'ont plus porté plainte, ce qui pourrait indiquer que l'alarme harcèlement a un effet dissuasif.
D’après, les informations près de 490 boutons sont actuellement disponibles et d’avantages devraient arriver en 2023.
La Police de Charleroi a-t-elle déjà des contacts en vue de l’implantation de ce système sur notre territoire communal ?
Une communication ou campagne d’information est-elle prévue à destination des policiers carolos et des victimes potentielles ?
En effet, d’après la communication de la Police, ce système serait d’ores et déjà disponible à la demande des personnes qui souhaitent y avoir recours.
Merci d’avance pour vos réponses et remarques.
Entend l'intervention de Monsieur le Conseiller Tanguy Luambua, la réponse de Madame l'Echevine Alicia Monard et la réplique de Monsieur le Conseiller Tanguy Luambua.