Stratégie de La zone de secours avec l’augmentation des phénomènes de sécheresse - Demande d'intervention par Monsieur le Conseiller communal Maxime FELON
Cher.e.s membres du Collège,
Cela n’aura échappé à personne : cet été, il a fait très chaud.
Ce phénomène ne cesse de se répéter chaque année, signe évident (s’il en fallait encore un) du réchauffement climatique.
Avant d’en arriver à ma question qui abordera les différents feux de terrils que notre Ville a subis cet été, je voudrais rentre hommage aux femmes et aux hommes du feu qui, au péril de leur vie, luttent chaque jour contre les incendies ou, en d’autres périodes, contre les inondations par exemple.
Nous l’avons toutes et tous vu, l’ensemble des pays européens a souffert d’incendies de broussailles, de forêts, ou encore de zones de réserves naturelles.
Alors que nous pensions la France bien préparée à cette problématique avec un matériel très spécifique (canadair), nous avons pourtant entendu les SDIS (= Service Départemental d’Incendie et de Secours) s’inquiéter du système français de lutte contre les feux, car non préparés face aux défis du réchauffement climatique.
Preuve supplémentaire sur la nécessité de réfléchir pour l’avenir.
Comme je vous le disais, Charleroi a souffert de nombreux feux de broussailles, notamment sur nos terrils, que ce soit à La Docherie, à Marcinelle au Bois du Cazier, ou bien à Ransart.
Les pompiers n’ont pu agir directement. En effet, la pente d’un terril étant importante, il était impossible d’y grimper avec un véhicule. Il n’y avait pas d’autre choix que de faire appel à l’hélicoptère de la police fédérale, mais également à la Protection civile.
Grâce à une coordination minutieuse, ces différents feux ont cependant pu être rapidement maîtrisés.
Je ne vous cache pas que l’augmentation de ces feux de terrils est de nature à nous inquiéter.
En effet, les terrils carolos, très souvent proches des habitations, sont couverts d’une végétation jeune dont le sol est composé de résidus provenant des mines de charbon, et sont une cible de choix pour les flammes. N’oublions pas qu’en leur cœur, il existe plusieurs poches de gaz.
En se baladant sur l’un ou l’autre terril, nous pouvons constater que rien n’existe en matière de signalétique spécifique contre le risque d’incendie, et qu’ils ne disposent de presque aucun moyen structurel de lutte contre les incendies (bornes incendie, zones réservées pour les secours, etc.).
Cette situation m’amène à vous poser plusieurs questions :
Face à l’augmentation des périodes de sécheresse, pourriez-vous m’informer sur la ou les stratégie(s) mise(s) en place, aujourd’hui et pour l’avenir, par notre Zone de secours afin de limiter au maximum les feux de végétation et de terrils ?
La Zone de secours dispose-t-elle de suffisamment de moyens matériels, humains et financiers afin de faire face à ces nouveaux défis ?
Prévoit-elle également l’organisation de formations spécifiques ?
Au niveau de la prévention, ne serait-il pas judicieux, en cas de période de sécheresse intense, de prévoir un plan de prévention à l’intention des randonneurs et autres personnes se baladant sur nos terrils ? Ce plan pourrait se détailler en plusieurs phases, en commençant par le placement de panneaux d’informations sur le danger imminent, à l’interdiction d’accès.
Je sais que mes questions sont nombreuses et variées mais il en va de la sécurité de nos concitoyens et de la préservation de notre environnement.
D’avance, je vous remercie pour votre analyse et vos réponses.
Source :
DELILLE Benjamin, « Incendie et réchauffement climatique : le patron des pompiers de France tire la sonnette d’alarme », , in Libération 15.07.2022, https://www.liberation.fr/environnement/climat/incendies-et-rechauffement-climatique-le-patron-des-pompiers-de-france-tire-la-sonnette-dalarme-20220714_4KUZ4BLTQBEULIJWDNHRZQPYMI/, consulté le 22 août2022.
Entend l'intervention de Monsieur le Conseiller Maxime Felon, la réponse de Monsieur le Bourgmestre Paul Magnette et la réplique de Monsieur le Conseiller Maxime Felon.