Demande de Monsieur KINSELLA - demande d’intervention de la Commune dans la destruction des nids de frelons asiatiques en cas de défaillance de la Région wallonne
Monsieur KINSELLA prend la parole faisant suite à son mail du 23 mars 2023 dont il donne lecture :
" Depuis plusieurs années, les apiculteurs s’en inquiètent… et la presse a récemment fait abondamment écho de la situation préoccupante concernant l’invasion du frelon asiatique – arrivé en France en 2014 et présent en Belgique depuis 2016.
Je sais que la commune est sensible à la biodiversité puisqu’elle a reçu en 2015 le label Maya. Pour rappel = « une commune Maya est une commune qui s’est engagée à maintenir et développer des espaces propices à la vie des abeilles et à lutter de manière active contre leur diminution. Elle devient acteur de la présentation des abeilles mais aussi de la biodiversité ».
Chez certains apiculteurs de la commune qui bénéficient d’une concession domaniale dans le bois communal depuis 2015, pour ne citer qu’eux, les pertes de colonies ont atteint l’an dernier 80% à cause de la présence des frelons. Et les témoignages de ce genre sont légion dans les cercles apicoles.
Lors de nos contacts de l’an dernier avec les services communaux, il était clairement apparu que la commune n’était pas en faveur d’un piégeage de printemps des fondatrices – fût-il sélectif. Il est vrai que selon les sources consultées, les avis divergent et évoquent régulièrement l’impact du piégeage sur les autres espèces d’insectes.
Quoi qu’il en soit, le piégeage sélectif devant idéalement s’effectuer entre mi-mars et fin mars, nous serons trop tard pour entreprendre une action dans ce sens cette année à l’échelle de la commune.
En revanche, il va être indispensable de prendre des mesures pour organiser la destruction des nids.
Jusqu’au 31 décembre 2022, la Région wallonne prenait en charge les frais de destruction des nids signalés sur le site du SPW réservé aux espèces invasives. Le marché avait été confié à deux entreprises. Le particulier n’avait rien à payer.
Apparemment, cette prise en charge n’étant plus au programme de la RW pour 2023, il faut redouter que certains particuliers, pour éviter de devoir assumer les frais de destruction, ne signaleront pas la présence de nids sur leur propriété.
Les associations d’apiculteurs ne sont pas les seules à s’en inquiéter. Au-delà de la pression sur les colonies d’abeilles, les frelons s’attaquent également à de nombreuses autres espèces d’insectes, ce qui a un impact important sur la biodiversité.
Il faut savoir qu’un nid de frelons asiatiques encore en activité à la fin de l’automne peut contenir jusqu’à 400 fondatrices. Toutes ne survivront pas à l’hiver, mais les chiffres restent préoccupants. Quand on sait en outre qu’un frelon peut migrer dans un rayon atteignant 80 km, je vous laisse imaginer la vitesse de propagation.
L’an dernier, rien que sur notre Rixensart, le nombre de nids signalés et détruits par les services de la RW suite à un signalement sur l’observatoire des espèces invasives et impressionnant :
Voici la carte de la Région wallonne : les points oranges sont des individus signalés, les points bleu clair sont des nids signalés (généralement en activité) et les points bleu foncé, des nids détruits.
(source : http://observatoire.biodiversite.wallonie.be/enquetes/frelon/)
Et voici la carte de Rixensart et environs immédiats :
25 nids signalés + 6 nids neutralisés.
Cette carte reprend les données du 1er janvier 2022 au 21 mars 2023. Elle n’est pas à jour, puisque le nid qui était dans mon jardin a été détruit mais n’est pas encore signalé comme tel… mais cela donne une idée de l’ampleur du phénomène. Et selon mon analysé, les zones dans le sud de la Région wallonne ont l’air désertées tout simplement parce qu’en milieux forestiers, le repérage est beaucoup plus difficile.
Ma question est donc double :
- La commune peut-elle faire pression sur la Région wallonne pour que des subsides soient à nouveau dégagés pour financer la destruction des nids ?
- Et si la RW s’avère défaillante, la commune peut-elle prévoir un budget pour contribuer au maximum à endiguer ce phénomène dont on ne se débarrassera malheureusement plus, et qui nuit considérablement à la biodiversité… indépendamment des accidents humains que cela pourrait provoquer – qui sont heureusement rares, mais parfois dramatiques ?
Les communes de Wavre, Rebecq et Bastogne ont déjà pris une décision en ce sens (liste non exhaustive). D’autres demandes ont été introduites auprès des communes wallonnes.
Pour information, sur base des tarifs de l’an dernier, la destruction d’un nid accessible revenait à 65 €, et celle d’un nid plus difficile d’accès, à peu près au double. Il est impératif que l’aspect financier ne dissuade pas les citoyens de faire appel à des services de destruction. Il en va de l’intérêt général !
Une vigilance redoublée s’impose – dès maintenant ! À cette saison, les frelons ont déjà commencé la construction de leurs nids primaires, de la taille d’un pamplemousse dans des endroits abrités, et ne tarderont pas à entamer l’édification de leurs gros nids secondaires – parfois haut perchés dans les arbres, parfois planqués dans des ronciers, proches du sol, avec les dangers que cela implique pour les ouvriers chargés de l’entretien des espaces verts et les passants.
L’an dernier, une bonne trentaine de nids ont été signalés sur le territoire de la commune – dont certains sur des terrains appartenant à la commune (entrée du bois communal au pont du Patch, maison des Académies, Athénée royal – mais aussi aux Papeteries, derrière le Colruyt… et d’autres n’ont certainement pas été répertoriés avant que les fondatrices n’aillent se cacher pour l’hiver avant d’aller fonder de nouvelles colonies). On ne peut que redouter que ce nombre ne croisse en 2023, et soit exponentiel dans les années à venir.
En 2022, la ville de Wavre a déjà mis ces procédures en œuvre et elle a financé la destruction des nids de frelons asiatiques ; son service de l’environnement peut répondre aux questions pratiques pour organiser cette lutte dans la commune. Nous pourrions déjà bénéficier de son expérience.
À titre indicatif :
12 nids ont été détruits à Wavre en 2022, pour un coût total de 600€ soit 50€/nid.
Il y a 2 désinsectiseurs professionnels à Wavre ; ils sont aussi apiculteurs et ont suivi la formation SPW. Ce sont eux qui interviennent.
Procédure simple : comme sur le site du SPW, les citoyens envoient une photo du frelon ou du nid au service de l’environnement de la commune en demandant l’intervention ; s’il s’avère qu’il s’agit bien d’un nid de frelons asiatiques, le service transmet à un désinsectiseur ; après le travail, les désinsectiseurs renvoient une photo avec leur facture ; si la destruction n’a pas bien fonctionné, le citoyen revient vers le service qui renvoie le professionnel qui achève le travail ; on ne paye qu’une fois.
Je crois savoir qu’une communication et une sensibilisation de la population pour le repérage et l’identification des nids de frelons asiatiques, et la prudence vis-à-vis d’eux est prévue dans le bulletin communal et peut-être sur le site web de la commune (comme déjà fait l’an dernier dans le Rixinfo). C’est une très bonne chose, et il faudra sans doute la compléter en fonction de mon point suivant.
- Si la Région wallonne s’avère défaillante, il faudrait prévoir :
- Une prise en charge par la commune de la destruction des nids de frelons asiatiques, sur le territoire de la commune (qu’ils soient dans le domaine privé ou public).
- La mise en œuvre d’une procédure simple pour le signalement et l’appel aux services d’un désinsectiseur professionnel spécialisé, et pour le paiement de celui-ci après exécution de travail de neutralisation du nid.
Les mesures devraient être opérationnelles dès l’été 2023 pour endiguer le plus rapidement possible l’extension du fléau ! "
Madame VAN den EYNDE répond à Monsieur KINSELLA comme suit :
" Merci pour cette interpellation.
La question de la lutte contre les frelons asiatiques est actuellement débattue au sein des communes du BW.
J’ai participé lundi à une réunion sur le sujet, organisée par la Commune de Wavre, pionnière en la matière.
Nous avons eu l’occasion de rencontrer l’échevin, la responsable du service environnement et les 2 apiculteurs/ désinsectiseurs professionnels dont tu fais mention.
A ce jour, nous n’avons pas encore reçu d’information officielle de la RW quant à la poursuite ou non de leur intervention financière dans la lutte contre cette espèce invasive.
Dans l’attente, nous avons, en séance, contacté le député provincial afin de suggérer qu’un marché cadre soit établi à l’échelle provinciale pour des interventions de destruction réalisées par des professionnels.
Une prise en charge publique (RW, Province ou Commune) est à l’étude afin d’endiguer ce fléau sans contrainte financière du particulier.
Une procédure de signalement et de traitement des demandes ainsi qu’une communication/sensibilisation du public seront mises en place dans le courant du printemps. "