COMMUNICATIONS DE M. LE BOURGMESTRE
Note de synthèse explicative
Monsieur le Bourgmestre s'exprime comme suit : "Le « plus biau de nos géants » s’en est allé … Une bien triste nouvelle s’est propagée dimanche. Un premier week-end de printemps qui a vu partir une personnalité qui rassemblait au sein de notre cité. Michel Lefèvre s’est éteint à l’âge de 71 ans diminué par son état de santé. J’ai pu le vivre en tant qu’ancien élève, tu étais un professeur qui laissait un souvenir impérissable. Comme tu le faisais lors de l’écriture de tes chansons, tu trouvais un angle d’attaque différent et tu n’hésitais pas à nous questionner dans des sujets en dehors des sentiers battus et nous amener à réfléchir par nous-mêmes. Voici 15 ans déjà, Michel était un éveilleur de conscience et avait compris l’essentiel dans sa chanson consacrée au « Sauvage ». Je me souviendrai du vibrant et authentique hommage qui t’as été rendu lors de la Ducasse en 2022 : un folklore, une cité, toute une population qui se lève pour remercier dans une émouvante gratitude le don d’un homme à sa Ville. La postérité rend à chacun l’honneur qui lui est dû. Michel le compositeur, le chanteur aura apporté beaucoup à son folklore. Aujourd’hui, il n’y a pas de Ducasse qui puisse s’envisager sans « Qu’elle est belle Mamzelle ». Michel aimait mettre en valeur tous les acteurs du folklore en tant qu’ancien figurant. La Ducasse était pour lui la renommée d’un ensemble. J’adresse mes plus émues condoléances à son épouse Antoinette ainsi qu’à toute sa famille. Puisse-t-il rejoindre nos illustres figures de « Spit City ». Michel, tu as donné à ta Ville et elle t’est redevable. Je demanderai donc que tu en sois un de ses citoyens d’honneur à titre posthume. C’est la moindre des choses que l’on puisse faire … La procédure officielle sera lancée dès ce vendredi lors de la séance du Collège. Je vais vous inviter à vous lever et à faire une minute de silence.
Toujours dans les communications, je voudrais évoquer le plat principal sur la table du Conseil … C’est certainement le sujet qui a suscité le plus de réactions durant cette mandature. Notre assemblée doit aujourd’hui recevoir l’ensemble des travaux et avis de la Commission Citoyenne du Folklore. Cela mettra un point final à une polémique qui a placé le phare sur notre cité et son folklore multiséculaire durant 5 longues années. Depuis août 2019, la Ducasse d’Ath fait l’objet d’une polémique abondamment relayée par les médias belges et internationaux. Au cœur du débat : le personnage du Sauvage (qui défile sur la Barque des Pêcheurs napolitains), accusé de « blackface ». Non, notre intention n’était pas raciste. Notre surprise, face aux accusations injustifiées auxquelles notre population a fait face, a fait que nous avions adopté une position infléchie. Nous trouvions cela tellement blessant d’être si violemment interpellés par des personnes qui ne nous connaissaient pas ainsi que nos traditions … Ath, cité de gens de cœur et d’esprit, inspirante et pleine d’espoir devait se sortir de cette perpétuelle polémique. Afin de trouver une solution à cette problématique qui polarisait notre population, le Conseil communal d’Ath a entériné en novembre 2022 les principes de la mise en œuvre d’une Commission Citoyenne du Folklore. Sujet épuisé … La question de la consultation populaire n’a pas été retenue. Car cliver une population sans effectuer un travail de fond ne fonctionne pas. Comment auraient réagi les votants du « non » alors qu’un avis d’illégalité a été prononcé il y a peu par UNIA et que nous devions changer sous peine de poursuites pénales ? Faire croire aux gens qu’ils peuvent avoir un avis et les tromper à la fin n’a aucun intérêt. La mission de cet organe consultatif composé de soixante citoyens, était de remettre un avis au Conseil concernant cette question épineuse. La légitimé de cette Commission est garantie par sa composition qui assure la représentativité la plus large de la population athoise et de ses sensibilités. Elle est composée de 60 personnes désignées par le Conseil communal. Nous y retrouvons des représentants du folklore, de la société civile, quarante citoyens qui ont rendu leur candidature … Un huissier de justice a attesté de l’impartialité de la procédure de sélection. Je tiens à sincèrement féliciter les membres de la Commission pour leur travail de fond, mais aussi pour leur courage et leur détermination à remplir la délicate mission qui leur a été confiée. Un travail et un fonctionnement qui suscitent déjà l’intérêt d’autres folklores qui se heurtent, eux aussi, à ce monde en transition … C’est ce que l’on dira dans 20 ans : des gens qui ont eu le courage d’aller jusqu’au bout. Là où des instances plus sages ont failli, les Athois ont proposé une solution. Je me réjouis d’ailleurs de la présence d’une délégation ce soir qui est composée d’illustres personnalités et non des moindres … Je peux ainsi vous regarder dans les yeux et exprimer toute la reconnaissance du Conseil. Lors d’une rencontre en colloque singulier avec nos chefs porteurs, ces hommes à la sincérité vraie m’ont demandé que les Athois soient maîtres de leur destin sur la question. Nous étions d’accord … Lors de l’instauration de la Commission au Conseil communal, tous les partis représentés au Conseil communal ont choisi de miser sur la citoyenneté. Il m’avait été posé la question de savoir si je m’engageais à suivre l’avis de la Commission quelle que soit l’issue de ses travaux ? J’ai répondu oui sans hésitation. A présent, il appartient à tous les membres du Conseil communal à prendre ses responsabilités. La parole des gens de la cité n’est pas d’argent, mais elle est d’or. Nos élus doivent se montrer en adéquation aux valeurs de notre Ville. Tel Montesquieu, nous devons faire avancer nos traditions d’une main tremblante pour ne pas les perdre. Il faudrait être sot pour dire le contraire … Cependant, il faut rappeler que notre Ducasse, qui a affronté toutes les vicissitudes durant ses six siècles d’existence, a connu bien des changements. Elle n’a jamais été sous cloche. Rien que dans les dernières décennies, on peut rappeler :
- la renaissance du Cheval Bayard, voici 75 ans ;
- la création du Canon du Mont-Sarah, en 1975, celle du Groupe des 19 communes en 1997 ;
- le retour des chevaux Diricq en 1981 ;
- l’invention du Brûlage des Marronnes en 1987 ;
- l’incroyable engouement autour de la sonnerie de la Grosse cloche depuis 30 ans ;
- l’adaptation à la crise COVID avec une Ducasse autrement en 2021 ;
- et pour rappeler l’apport des chansonniers comme Michel Lefèvre, la création de chansons emblématiques pour chacun des géants de notre cortège.
Toutes ces évolutions, tous ces enrichissements, se sont succédé et continuent encore aujourd’hui afin que notre Ducasse s’inscrive de manière harmonieuse dans la société actuelle et s’adapte aux attentes de la population athoise. A présent, il est plus que temps de revenir à une Ducasse paisible. Qui ne se résume pas à un seul figurant ! Remettons en lumière les 1500 acteurs de notre folklore. Nos chars, nos fanfares, nos géants, nos figurants, une foule en allégresse autour de la fête !
De l’oxygène pour la police. En concertation avec les partenaires syndicaux et le Chef de Corps de notre Police locale, la Ville a décidé de donner un ballon d’oxygène à sa zone. Les policiers ont tout mon soutien. Les événements qui se sont passés à Lodelinsart sont foncièrement dramatiques. Les policiers font un travail difficile et dangereux. L’actualité nous l’a rappelé de manière cinglante. Ils méritent les moyens pour qu’ils soient en sécurité, cela ne doit faire aucun doute. Mais est-ce à la commune d’assumer pour la déshérence des autres niveaux de pouvoir ? Dans quelle société devons-nous mettre en danger tout un écosystème en opposant des services essentiels avec des comptes d’apothicaires ? Le corporatisme survivaliste arrivera-t-il à bout de notre raison d’être ? Ce qui me met hors de moi aujourd'hui :
- Ce sont les fausses promesses de la réforme : cela ne coûtera rien aux communes ;
- Pas de statut, pas d’Euro 2000, mais peu importe qui va payer ce statut ? ;
- Que l’Union des Villes et des Communes ne soit pas suffisamment concertée ;
- La prise de décision d’autres niveaux de pouvoir qui disent oui sans payer la note et continuent de manière mécanique à persévérer dans l’erreur ;
- Nous désargentons notre police fédérale et les communes prendront une partie des missions ;
- Nous désargentons la justice et la police locale reprendra une partie de ses missions administratives et les communes mettront la main au portefeuille ;
- Que l’on dise aux Bourgmestres qu’ils sont responsables de tout, pour tout le monde ;
- Que l’on fasse croire qu’il suffise de faire tourner les planches à billets …
Mes mises en garde sont justes, pragmatiques et doivent être entendues. On ne pourra pas me dire que je ne l’avais pas dit. Dans mon écosystème et ses réalités, nous devons garder un service équivalent à la population pour tous les pans de notre société : du personnel à déployer en cas d’inondations, pour refaire nos rues, entretenir nos bâtiments, un accès suffisant à la culture, un CPAS qui aide les oubliés de la crise, des places disponibles en crèche, des professeurs en suffisance dans nos écoles, une Ville propre et des policiers dans les rues … Au-delà de cette bouée d’oxygène qui devra encore être vendue au Centre Régional d’Aide aux Communes (CRAC), nous devrons rencontrer les contingences demandées. Pas de budget sans plan de redéploiement … Nous ne pouvons pas avoir une des polices les plus chères de la province sans rechercher toutes les pistes d’économies possibles. Ainsi, pour aider le Chef de Corps dans cette tâche, le Collège communal a diligenté un marché d’optimalisation des modes de fonctionnement de la zone. Notre dotation fédérale est plus élevée proportionnellement aux autres zones, notre apport par habitant et nos frais de fonctionnement aussi. La vérité des chiffres ne saurait mentir.
Et pour terminer, une bonne nouvelle concernant la Chaussée de Tournai. Je n’ai eu de cesse d’interpeller le Ministre Henry à propos de la réhabilitation d’une partie de la voirie à hauteur de Villers-Saint-Amand. Cela faisait quelques années que je me battais aux côtés des citoyens pour faire avancer ces travaux plus que nécessaires. Des maisons qui se fissurent pour des riverains, voirie délabrée mettant en danger les usagers de la route … Les habitants étaient désemparés étant donné qu’il s’agissait d’un des seuls tronçons qui n’avait pas été refait. Il y a quelques semaines, je me tournais à nouveau vers le Ministre qui nous fait parvenir ce jour la bonne nouvelle : la Direction des Routes lui a transmis un rapport faisant état de l’urgence pour la réhabilitation du dernier tronçon de voirie. Lors de la prochaine présentation du Plan de Mobilité et Infrastructure pour Tous (PIMPT) au Gouvernement wallon, ce dossier devrait faire l’objet d’une exécution à très court terme. Et on nous l'a promis, a priori en 2024, mais je ne m'engagerai pas pour les autres pouvoirs."
Délibération
Considérant l'avis néant du Directeur Financier remis en date du 13/03/2024,