Interpellation sur les broyeurs à métaux - Demande d'intervention par Madame la Conseillère communale Anne-Sophie DEFFENSE
Exposé
Projet de décision
Cette intervention est regroupée avec l'intervention de Monsieur le Conseiller Nicolas Tzanetatos " La pollution de broyeurs métaux" et l'intervention de Monsieur le Conseiller Jean-Philippe Preumont " Gosselies : les riverains continuent leur combat contre les nuissances d'une société de broyage de métaux " portant sur le même sujet.
Mesdames, Messieurs les Echevins, Monsieur le Bourgmestre,
Dans les articles de la Nouvelle Gazette et de la Dernière Heure, de nombreux députés et citoyens s’inquiètent du broyeur à métaux de Cometsambre et ils s’inquiètent des révélations à venir par le magasine Investigation.
On y apprend que les recycleurs de métaux en Wallonie ne respectent pas les critères fixés dans leur permis. Conséquence, dans les retombées atmosphériques, on y voit les des déplacements de polluants cancérogènès pouvant aller jusqu’à 600 fois au-dessus des normes », avance-t-on du côté de la RTBF.
Pire, « certains industriels sont même parvenus avec l’accord des autorités publiques, à modifier certaines valeurs limites de leurs permis en valeurs cibles, leur évitant toute sanction à l’avenir en cas de non-respect de celles-ci ».
Ce changement aurait été autorisé par la ministre Céline Tellier et a profité à CometSambre. « En 2022, les données de l’AWAC à Obourg montrent des dépassements entre 23 fois et 38 fois supérieurs aux valeurs cibles pour le PCB 126. Plus aucun PV ne sera donc transmis au parquet pour ce type d’infraction environnementale ».
Avec quelles conséquences pour la santé ? Des impacts possibles sur la reproduction, la croissance ou même le développement intellectuels, les PCB et dioxines ayant la particularité d’être des perturbateurs endocriniens. Sans parler des risques accrus de maladies, notamment cancers.
Les mesures prises jusqu’ici par le secteur industriel ne semblent pas porter ses fruits du fait de la nature même des matériaux qui sont recyclés.
La ministre explique qu’elle s’est beaucoup mobilisée autour du dossier, mais, tout n’est pas réglé.
Les normes concernant les rejets canalisés sont aujourd’hui respectés par tous les broyeurs de Wallonie, mais la situation est plus complexe pour les émissions diffuses.
Concernant le passage des valeurs limites aux valeurs cibles, Céline Tellier précise qu’elle n’a fait que suivre les recommandations de l’AWAC-l’Agence Wallonne de l’Air et du Climat.
D’une part, il est très difficile d’établir par les jauges les concentrations en PCB et on ne connaît pas les quantités ingérées par les riverains.
Or, ce sont sur les dernières qu’il faut agir, par l’imposition de plans de réduction des émissions diffuses. Pour les résultats des bio-monitoring, il faudra encore patienter au printemps.
Enfin, on explique aussi que 7 broyeurs wallons sont dans le rouge. Dans la région, celui de Marchienne-au-Pont est douze fois au-dessus de la norme. Celui de Courcelles bat lui, tous ses records :597 fois au-dessus de la limite. La situation s’est même considérablement aggravée après le placement de filtres.
« Aux pourtours de ces entreprises, il ne faut pas d’écoles, pas de cultures agricoles et il faut éloigner les riverains », estime Catherine Bouland, spécialiste de la pollution atmosphérique et de son impact sur le corps humain à l’ULB.
Mes questions sont donc les suivantes :
-Quelle solution donc pour l’avenir et pour les riverains installés aux alentours ?
-Quel est l’impact de ceci sur les nouveaux projets de la ville de Charleroi et sur leurs constructions, vu que la pollution est assez proche de ceux-ci ?
-Le principe de précaution est-il respecté dans ce dossier ?
Merci pour vos réponses.
Entend l'intervention de Madame la Conseillère Anne-Sophie Deffense, la réponse de Monsieur l'Echevin Xavier Desgain et la réplique de Madame la Conseillère Anne-Sophie Deffense.