Logements sociaux: Dans les clous mais jusque quand? - Demande d'intervention par Madame la Conseillère communale Pauline BONINSEGNA
En 2020, nous fêtions les 100 ans de la société nationale du logement, l’ancêtre de la SWL et de ses Sociétés de logement de Service Public (SLSP). Après les révoltes ouvrières de 1886 qui dénonçaient les conditions de travail et de vie pénibles des ouvriers, notamment leurs conditions d’habitat, de nombreuses voix se sont élevées pour demander la mise en place d’un service public de construction d’habitations ouvrières.
Le postulat de l’époque était de garantir l’accès à des logements sociaux à prix abordable via l’action des pouvoirs publics. Un logement social est avant tout un logement basé sur les revenus du ménage. Il permet à chacun de jouir d’un logement décent, correspondant au mieux à sa situation familiale, sans que le loyer n’excède 20% de ses revenus. Fait important pour les familles en ces temps incertains, il tient donc compte des aléas de la vie : chômage, maladie, pause carrière pour s’occuper des enfants,…
À quelques jours du 8 mars, je me dois aussi de rappeler que l’accessibilité à un logement abordable fait partie des problèmes les plus fréquemment rencontrés par les femmes en difficultés. Les inégalités qu’elles subissent, notamment sur le marché de l’emploi, se reflètent dans leur présence plus importante dans ces logements. Elles sont surreprésentées parmi les locataires des logements sociaux en Wallonie puisque parmi les locataires, 29,2% personnes isolées avec enfants. Parmi les candidats locataires, les ménages constitués d’une mère célibataire avec au moins un enfant de moins de 25 ans représentent 1 ménage candidat sur 5.
Aujourd’hui, la lutte pour garantir à chacun un toit de qualité et abordable continue. En effet, la hausse des prix sur le marché privé amorcée bien avant la crise sanitaire a aujourd’hui explosé. La construction de logements sociaux, dont les loyers ne suivent pas le cours des loyers privés, permet de mettre un frein à l’inflation dans le montant des loyers.
De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’inaction des politiques dans ce domaine qui représente, avec le travail et la santé, un pan important de l’épanouissement personnel. Ainsi, chaque année, des centaines de candidats à un logement social viennent allonger les listes d’attente qui ne diminuent pas.
Dans une enquête publiée par la Nouvelle Gazette sur le nombre de logements publics en Wallonie, les autorités carolos se réjouissent d’être actuellement « dans les clous » au vu des exigences wallonnes qui veulent que 10% des logements sur le territoire soient publics. Une vérité qui est… de moins en moins vraie. En effet, en 2016, la Sambrienne comptait pas moins de 9710 logements dont 9408 à loyer social. En 2020, elle n’en comptait plus que 9499 dont 9169 à loyer social, soit presque 300 de moins ! Mais cette diminution n’est pas un hasard, elle résulte d'un choix politique de la majorité et de la Sambrienne de vendre une partie de son patrimoine et de requalifier une partie des logements sociaux en logements dits « à loyer d'équilibre » dont le loyer n'est plus calculé en fonction des revenus des locataires mais suit l'évolution du marché locatif privé. Cette politique va encore aggraver la diminution du nombre de logements sociaux. En effet, ce n’est pas moins de 403 logements qui seront mis en vente et 510 logements qui deviendront des logements à loyer d'équilibre d’ici 2025. Si on compte que seuls 148 logements sociaux seront créés via les différents projets immobiliers, nous pourrions perdre au minimum 762 logements sociaux d’ici 2025 si nous suivons les plans de la Sambrienne.
Madame l’échevine, comment la Ville de Charleroi compte répondre aux milliers de candidats locataires dans les années à venir ?
Entend l'intervention de Madame la Conseillère Pauline Boninsegna, la réponse de Madame l'Echevine Laurence Leclercq et la réplique de Madame la Conseillère Pauline Boninsegna, de Monsieur le Conseiller Maxime Felon.