Charleroi
  • Décisions
  • Publications
  • Agenda
  • À propos
Demande d'interpellation citoyenne au Conseil communal par Monsieur Alain Tondeur concernant le développement de BSCA https://www.deliberations.be/charleroi/decisions/23-juin-2025-18-30/demande-dinterpellation-citoyenne-au-conseil-communal-par-monsieur-alain-tondeur-concernant-le-developpement-de-bsca https://www.deliberations.be/@@site-logo/logo.svg
2 sur 150
Précédent
Suivant
23
Séance publique du Conseil
23 juin 2025 (18:30)
Point N° 2
State
Décision
Matière
Politique générale
Mandataire
Bourgmestre (T. Dermine)

Demande d'interpellation citoyenne au Conseil communal par Monsieur Alain Tondeur concernant le développement de BSCA

Exposé

Projet de décision

Monsieur le Bourgmestre, Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les échevines et échevins, Mesdames et Messieurs les conseillères et conseillers,

Je m'adresse à vous au nom du comité citoyen« Stop aux nuisances de l'aéroport de Charleroi», dans le prolongement du débat en conseil du 17 mars, sur les impacts des projets de développement de BSCA.

Mme la conseillère Nathalie Monforti s'est inquiétée du fait que 67% de vols commerciaux en plus en 2045 par rapport à 2019 impliquera 67% de pics de bruit en plus, c'est-à-dire une nuisance insupportable pour des milliers de riverains.

Monsieur l'échevin Luambua lui a répondu que, la hausse des vols commerciaux s'accompagnant d'une baisse des vols de l'aviation générale, le trafic aérien n'augmenterait au final que de 4% répétant ainsi la propagande de BSCA.

Cette réponse noie le poisson des nuisances et témoigne d'une méconnaissance du dossier.

En effet, à part les vols d'avions militaires, l'aviation générale n'a qu'un effet mineur sur l'environnement sonore. Elle n'est d'ailleurs pas prise en compte dans le seuil des 50.000 mouvements pour l'application de la directive européenne 2002/49/CE. Les pics de bruit sont dûs essentiellement à l'aviation commerciale. Il est indiscutable qu'une augmentation de 67% de ces vols augmentera de 67% le nombre de pics de bruit.

Ces pics de bruit nuisent à notre bien-être et à notre santé. Cela est bien établi par de nombreuses études scientifiques et par le Conseil supérieur de la santé. Ces pics nuisent même aux personnes qui disent supporter le bruit. L'oreille ne dort jamais. A notre insu, elle transmet au cerveau les messages de stress générés par le bruit. Il en découle de l'hypertension, des accidents vasculaires, de la dépression, une espérance de vie en bonne santé raccourcie et une augmentation des décès prématurés.

Ces impacts sont invisibilisés par le Lden, la moyenne du bruit sur 24 heures, sur laquelle se base BSCA. Le Conseil supérieur de la santé et d'autres organismes plaident pour l'utilisation d'un indicateur qui prend en compte le nombre d'événements sonores dépassant un seuil donné (LAmax sur une journée).

Madame Monforti s'est aussi fait l'écho de notre critique des promesses de réduction du bruit par renouvellement de la flotte. Ici, BSCA induit l'opinion publique en erreur en affirmant que les nouveaux avions font moitié moins de bruit. En réalité, l'échelle du bruit exprimée en décibels est logarithmique. Une réduction de 50% se traduit par la perte de 3 dB au décollage, une différence à peine audible par l'oreille humaine.

Monsieur Luambua n'a pas répondu sur ce point qui est décisif pour les riverains et l'apprentissage de leurs enfants. Le JT RTBF a montré des enfants portant des casques anti-bruit à l'école. Le conseil communal de Charleroi peut-il se mettre la tête dans le sable face à cette réalité?

BSCA et l'étude d'incidences veulent faire accroire que 67% de vols commerciaux en plus iront de pair avec moins de bruit, moins de pollution atmosphérique, moins de pollution des eaux et des sols et moins d'émissions de CO2. Monsieur Luambua a même déclaré que les carburants de synthèse réduiraient le bruit des avions. C'est l'échevin au Pays des merveilles! Cette affirmation n'a aucune base scientifique.

Monsieur Luambua a surtout mis en exergue la conclusion de l'étude d'incidences sur l'emploi: l'aéroport supporterait 20.000 emplois directs, indirects et induits.S'agissant des impacts socio-économiques en général, il faudrait d'abord se demander si le développement de BSCA et la mort accélérée des quartiers impactés ne sont pas en contradiction avec la volonté de la ville de freiner les déménagements vers les communes du Sud de l'entité et d'accueillir dans les communes du Nord davantage d'habitant.e.s souhaitant quitter Bruxelles. L'étude d'incidences fait l'impasse sur ce point. Elle fait l'impasse aussi sur le coût des impacts sanitaires pour la sécurité sociale.

S'agissant de l'emploi en particulier, le chiffre de 20.000 emplois est fallacieux. Les auteurs de l'étude le reconnaissent à demi-mots: ils examinent les retombées des activités« gravitant autour du cluster de l'aéroport ». Du coup, ils incluent, entre autres, les milliers d'emplois du pôle Brussels South Charleroi Biopark, écosystème biopharmaceutique de Charleroi Métropole, sans isoler les emplois liés à l'activité des vols commerciaux.

A propos des travailleurs.euses des compagnies aériennes basées - « deuxième catégorie d'emplois directs» - l'étude souligne que« la compagnie a tendance à privilégier l'engagement de personnel sur place». Elle passe sous silence le fait que les personnes engagées par la compagnie hégémonique à Charleroi ne relèvent pas du régime légal et de sécurité sociale de notre pays. Les normes sociales appliquées par Ryanair constituent-elles un exemple à suivre pour Monsieur Luambua?

Ni les chiffres relatifs à la création d'emploi ni ceux relatifs à la valeur ajoutée du projet ne sont détaillés. Il est dès lors impossible d'y distinguer la part relative aux vols commerciaux qui sont la source majeure des nuisances. Les chiffres d'emplois indirects et induits sont obtenus en mobilisant des ratios exagérément optimistes, et par conséquent contestables. Tout semble avoir été fait pour que les décideurs achètent un chat dans un sac.

Dans la même veine, l'étude d'incidence ignore les coûts d'opportunités, les externalités négatives et les effets de l'évasion de la dépense. Le gouvernement wallon offre chaque année quelque 30 millions d'Euros à BSCA qui les utilise au profit d'une compagnie low-cost. Est-ce cela, la saine gestion des deniers publics au service de la croissance? Il nous semblerait plus judicieux d'investir cette somme dans le développement des territoires, pour répondre aux besoins de la population.

Nous ne demandons pas la fermeture de BSCA. Nous nous opposons à l'augmentation des vols commerciaux. Nous demandons le retour à une exploitation de jour limitée strictement entre 7H et 22H et une réduction progressive vers 30.000 vols par an. Ces revendications ne menacent pas l'emploi des personnes travaillant à l'aéroport, qui se plaignent d'une pression de travail excessive.

Le développement de BSCA s'inscrit dans le cadre de projections internationales de doublement du trafic aérien d'ici 2050. Ces projections sont insensées et irresponsables des points de vue sanitaire et environnemental, climatique notamment. C'est pourquoi plusieurs aéroports à proximité de la Belgique - Schiphol, Eindhoven - ont décidé de réduire leur activité.

Nous déplorons que le collège ait remis un avis positif sur base d'une étude d'incidences aussi contestable. Charleroi se réclame de la participation citoyenne. Malgré le délai très court, notre collectif a produit une réponse de 82 pages à l'étude. Elle s'appuie sur de nombreuses références factuelles et scientifiques. A-t-elle seulement été lue? Merci de nous indiquer comment nos arguments ont été pris en compte et, le cas échéant, pourquoi ils ont été ignorés.

Le collège a répondu par un « oui mais ». S'il ne s'agit pas seulement de vous défausser sur le gouvernement wallon, merci de nous expliquer comment les « mais » seront mis en œuvre. La révision des codes, la réduction du bruit et de la pollution, le traitement des PFAS, le strict respect des heures d'exploitation ressemblent trop aux nombreuses promesses de corrections faites depuis 20 ans et jamais concrétisées pour la plupart.

Cinq corrections sont pour nous prioritaires:

  • Le respect strict des horaires, la mise en œuvre d'un couvre-feu strict entre 22h00 et 7h00 et la diminution progressive du trafic à 30.000 vols par an. Un pic de bruit toutes les trois minutes, c'est insupportable, même de jour.
  • Un outil d'évaluation du bruit reflétant le fait que la nuisance vient des pics.
  • Des mesures d'accompagnement adaptées à la viabilité des quartiers et à la santé des riverains.
  • Pour contrôler les nuisances: une ACNAW indépendante disposant des ressources nécessaires.
  • Pour éliminer les conflits de partialité: les activités opérationnelles gérées par la SOWAER et qui ont trait aux nuisances doivent être transférées ailleurs: la gestion des sonomètres à l'ACNAW; les mesures d'accompagnement à un organisme (tel le SPW) n'ayant aucun intérêt dans la gestion ou le développement de l'aéroport.

Nous nous inscrivons dans une démarche de contrôle citoyen. Nous prenons note du souhait de transparence formé par le collège. Pour que cela ne reste pas un vœu pieux, nous demandons à notre ville d'appuyer notre demande de participation des riverains au comité d'accompagnement. Car pour nous, la lutte continue. Pour notre santé, celle de nos enfants et la vie de nos quartiers.

Merci pour votre bonne attention.

Résultats des votes

-


Accueil Plan du site Accessibilité Jobs Contact
Se connecter

Site réalisé avec le CMS Plone en collaboration avec IMIO sous licence libre - © 2026

Version 2.3.2 build 21441423583.36.1