Demande d'interpellation citoyenne au Conseil communal par Monsieur Bulent Dogan concernant un réseau de centres culturels et médiathèques modernes dans chaque district de Charleroi
Exposé
Projet de décision
Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Échevins,
Charleroi dispose aujourd’hui d’une opportunité rare : utiliser intelligemment la future taxe de 3 € sur les passagers de l’aéroport pour investir dans le lien social, l’éducation et la créativité locale.
Je propose de créer un Fonds Culture Charleroi 2030, alimenté durablement par 1 € par passager, pour financer progressivement un centre culturel et une médiathèque nouvelle génération dans chaque district, comme cela se fait à Helsinki (Oodi), Aarhus (Dokk1) ou Madrid (Matadero).
Ces lieux seraient ouverts, modulables, numériques, intergénérationnels, ancrés dans les quartiers.
Ce fonds pourrait être renforcé par :
· un micro-prélèvement sur les parkings d’hypermarchés,
· la redevance AirBnB,
· une part des taxes sur les enseignes lumineuses,
· les fonds européens (FEDER, Horizon Europe, LIFE),
· un budget participatif fléché culture,
· des mécènes locaux ou nationaux,
· ou encore la création d’un fonds de dotation culturel carolorégien.
Ma question est simple : la Ville est-elle prête à lancer ce chantier structurant dès 2025, en mobilisant ces leviers innovants, durables et déjà éprouvés en Europe ?
Voici les meilleures pistes à envisager pour Charleroi, en optimisant coûts, qualité et ancrage local :
1. Gestion partagée avec les écoles, les Hautes Écoles et l’ULB Charleroi
- Stage étudiants : médiation culturelle, animation numérique, accueil, maintenance légère.
- Alternance ou PFI (Plan Formation Insertion) pour jeunes sans emploi.
- Classes dans le bâtiment le matin → activités citoyennes ou culturelles l’après-midi.
- Avantage : double usage du bâtiment + main-d’oeuvre motivée + lien intergénérationnel.
2. Modèle de “tiers-lieu” avec associations et coopératives locales
- Co-gestion avec des associations citoyennes, artistiques, sociales ou éducatives.
- En échange de locaux gratuits ou mutualisés, elles contribuent à l’accueil, l’animation, l’entretien léger, la vie du lieu.
- Le bâtiment devient autogéré partiellement comme à “La Halle Tropisme” (Montpellier) ou “Le Pavillon” (Namur).
3. Mise en place d’un “budget gestion participatif”
- Les citoyens, riverains, écoles, associations choisissent chaque année où vont les priorités (entretien, projets, matériel).
- Des “brigades citoyennes” (retraités, jeunes, bénévoles) peuvent s’impliquer dans des tâches ponctuelles.
- Exemple inspirant : Lisbonne ou Saint-Denis avec des espaces cogérés.
4. Mutualisation avec d'autres services communaux
- Une partie du personnel de la Ville (nettoyage, maintenance, animation) peut être affectée de manière tournante.
- Accueil commun avec CPAS, maison de jeunes ou antenne emploi pour centraliser les fonctions.
5. Appel à projet pour une “gestion sociétale”
- Lancer un appel à porteurs de projet locaux pour créer une asbl ou coopérative citoyenne de gestion du lieu, avec subvention annuelle plafonnée.
- Objectif : autonomie progressive, autofinancement partiel (café, ateliers, location de salle…).
6. Volontariat encadré et emploi Article 60 (CPAS)
- Des volontaires + contrats Article 60 peuvent assurer :
o Accueil
o Rangement
o Aide au prêt ou aux ateliers
- Cela favorise l’insertion socioprofessionnelle tout en réduisant les coûts fixes.
7. Modèle “zéro dépense inutile”
- Utiliser des matériaux low-tech, durables, autogérés (mobilier en OSB, murs d’écriture, éclairage LED).
- Nettoyage par zone (pas tous les jours partout), aménagements pensés pour demander peu d’entretien.
Conclusion
L’idée n’est pas de déléguer au privé, mais de faire vivre le lieu par les forces locales, en valorisant les ressources humaines déjà présentes sur le territoire (écoles, jeunes, retraités, associations). Ce modèle est plus humain, plus souple et plus crédible pour une commune comme Charleroi.
Note complémentaire – Optimisation de la gestion d’un centre culturel et médiathèque à Charleroi
Objectif : compléter la proposition de création d’un réseau de centres culturels et médiathèques modernes dans chaque district de Charleroi, en démontrant que leur gestion est réaliste, abordable et fédératrice, si elle est pensée intelligemment.
Pourquoi ne pas avoir peur de la gestion : des solutions simples, locales et durables
Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, la gestion d’un tel lieu ne doit pas forcément peser lourdement sur le budget communal. Des villes comparables à Charleroi ont démontré qu’en hybridant les usages, mutualisant les ressources et mobilisant les forces locales, la gestion devient plus légère, humaine, et même source de fierté citoyenne.
Voici des pistes concrètes applicables dès les premières phases :
1. Impliquer les écoles et l’enseignement supérieur
- Stagiaires, alternants, professeurs : gestion d’ateliers, accueil, animation, maintenance légère.
- Cours et formations dans le lieu : double usage du bâtiment en journée.
2. S’appuyer sur les associations, artistes et citoyens
- Partenariats gratuits ou en échange de locaux pour co-animer et entretenir les espaces.
- Volontaires formés : jeunes, seniors, bénévoles, citoyens impliqués.
3. Créer une structure coopérative ou asbl de gestion
- Portée par les habitants, soutenue par la Ville.
- Budget participatif de gestion annuel pour impliquer les quartiers.
4. Mutualiser avec les services communaux existants
- Nettoyage tournant, gestion technique par zones, agents d’accueil partagés avec d'autres équipements.
5. Lier le projet à l’insertion socioprofessionnelle
- Utilisation d’emplois “Article 60”, de contrats d'insertion, de stages CPAS ou FOREM, en lien avec les services sociaux.
6. Penser entretien intelligent dès la conception
- Matériaux durables, mobilier robuste, zones faciles à nettoyer, espaces modulables.
Conclusion
Ce centre culturel n’est pas un fardeau, mais un catalyseur d’énergie collective, un outil d’inclusion et d’innovation. Il peut même, avec le temps, générer des recettes locales (café, location de salle, partenariats).
Ce projet a le potentiel de fédérer au-delà des clivages politiques, et de démontrer que Charleroi sait oser, mais avec bon sens.
Voici une répartition stratégique, réaliste et équilibrée des moyens de financement
1. Source principale : taxe aéroportuaire (1 € par passager)
- Estimation annuelle : 8 000 000 €
- Utilisation prioritaire :
o Création ou rénovation de bâtiments (30 %)
o Équipements numériques et culturels (20 %)
o Animation / programmation / événements (20 %)
o Maintenance de base et gestion (15 %)
o Fonds d’impulsion pour chaque district (15 %)
2. Taxe sur parkings commerciaux (0,50 à 1 €/place/mois sur 20 grands parkings)
- Estimation : 300 000 à 500 000 € / an
- Utilisation :
o Frais de nettoyage et d’entretien
o Appui à l’emploi local (agents d’accueil, médiateurs culturels)
3. Redevance locale Airbnb (ex : 3 € par nuitée déclarée)
- Estimation : 150 000 à 250 000 € / an
- Utilisation :
o Fonds pour logements de résidence artistique ou d’éducation populaire
o Activités socioculturelles gratuites
4. Fonds de dotation / mécénat local (soutien d’entreprises, banques, etc.)
- Objectif cible : 500 000 à 1 million € / an, progressif
- Utilisation :
o Résidences d’artistes
o Projets créatifs liés à l’innovation, au patrimoine, à la jeunesse
o Financement participatif avec entreprises locales (affichage "bâtiment parrainé")
5. Financements européens (FEDER, Horizon Europe, Creative Europe)
- Montant variable selon projets :
o Moyenne envisageable : 1 000 000 à 2 000 000 € / an via dossiers bien structurés
- Utilisation :
o Innovation numérique et sociale
o Transition écologique du bâtiment
o Inclusion culturelle et apprentissage informel
o Coopération européenne (échanges intercentres culturels)
Total annuel mobilisable : environ 10 à 12 millions €
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