Interdiction des supporters du Standard à Charleroi - Demande d'intervention par Monsieur le Conseiller communal Tanguy LUAMBUA
Monsieur le Bourgmestre,
« On a peur que la prochaine fois il y ait un blessé grave ou même peut-être un mort»…
C’est par ces mots qu’Alexandre Grosjean, le CEO du Standard, commentait le match ayant opposé le Sporting de Charleroi au Standard de Liège le 5 décembre dernier.
Envoi de nombreux fumigènes près des joueurs jusqu’à l’interruption du match, envahissement du terrain, de nombreux « supporters » du Standard se dirigeant vers la tribune des supporters carolos et y lançant encore des fumigènes pendant que des milliers de personnes dans les tribunes scandaient « Tuez-les, tuez-les, tuez-les », des centaines de supporters qui se rassemblent après le match près de la tribune principale et qui lancent des barrières sur les stewards et la police, les policiers devant répliquer avec des lacrymogènes…
Ce n’est pas la première fois qu’un match entre le Sporting et le Standard est interrompu, on peut se souvenir d’octobre 2015 et décembre 2016 récemment. Ce n’est pas la première fois qu’il y a des incidents pendant un match, pas toujours du fait des fans liégeois d’ailleurs. Mais il faut constater que les évènements de décembre dernier ont atteint une gravité inégalée dans l’histoire entre les deux clubs.
Et quand j’entends les commentaires de certains ultras liégeois qui après le match déclaraient « c’est dommage mais c’est normal », ça m’inquiète. Lancer un fumigène, dont la température varie entre 800 et 1000 degrés, sur des gens avec des graves risques de brûlure, c’est tout sauf anodin. Je comprends le traumatisme vécu par les supporters carolos, particulièrement les enfants.
Car ne l’oublions pas, le football reste un sport familial et je suis heureux de croiser de plus en plus de familles avec enfants dans les travées du Stade du Pays de Charleroi.
Suite aux débordements et dans le cadre de la situation sanitaire, je sais qu’actuellement il est interdit à tous les supporters d’assister aux matchs. Mais d’ici au 5 mars, date à laquelle nous devons accueillir les joueurs du Standard, tout cela peut évoluer très vite. Et je pense que pour des raisons de sécurité, vu l’état d’esprit au Standard qui ne semble pas s’améliorer pour le moment, on doit se poser la question de la présence des supporters du Standard sur notre territoire le 5 mars prochain.
Ma question est donc la suivante : Monsieur le Bourgmestre, êtes-vous prêt, le cas échéant, à prendre une ordonnance visant à interdire pour le prochain match la présence des supporters liégeois dans notre stade et/ou dans notre ville ?
Ma première priorité en la matière est bien la sécurité de nos concitoyens et des supporters du Sporting en général, mais cela m’amène à une autre question.
Pouvez-vous m’indiquer quel est le coût aujourd’hui pour la ville d’un match à haut risque comme celui-là ? Le coût est-il susceptible d’évoluer en 2024 quand le stade aura déménagé à Marchienne-au-Pont ?
C’est intéressant de savoir quel en est le coût, parce qu’encore une fois au niveau des dépenses pour la sécurité, on se repose sur les villes et les communes. Sauf erreur, ce sont les contribuables carolos qui paient alors qu’au final, c’est tout un bassin, toute une sous-région qui bénéficie de la présence d’un stade et d’une équipe évoluant en première division.
Et en cela, nous sommes proches de nos amis liégeois, car à Liège comme à Charleroi, on doit assumer budgétairement.
Monsieur le Bourgmestre, merci d’avance pour vos réponses et remarques.
Entend l'intervention de Monsieur le Conseiller Tanguy Luambua, la réponse de Monsieur le Bourgmestre Paul Magnette et la réplique de Monsieur le Conseiller Tanguy Luambua.