Charleroi, Ville zéro SDF… - Demande d'intervention par Monsieur le Conseiller communal Jean-Noël GILLARD
Cette intervention a été regroupée avec celle de Madame la Conseillère communale Laëtitia Dehan " Le règlement mendicité " (objet n° 2022/3/S/15) et il y a été répondu par Madame l'Echevine Alicia Monard.
Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames, Messieurs les membres du collège,
Il y a trois ans, je vous interrogeais déjà sur la problématique de la mendicité à Charleroi en mettant l’accent sur un des aspects, à savoir l’apaisement de l’espace public (à côté de celui de l’aspect social de la réinsertion des SDF).
Notre ville est particulièrement affectée par la problématique de la mendicité : Habitants, travailleurs, commerçants ou touristes, ils sont nombreux à être confrontés à la problématique des SDF.
Le phénomène s’amplifie d’année en année. Ce sont certains comportements associés à la mendicité qui posent problème : SDF qui squattent les halls d’entrée d’immeubles, dégradations diverses, mendicité debout, comportements plus agressifs et plus violents, épanchement sur les façades, etc.
Pour une bonne partie des carolos, un sentiment de laisser-aller et de laxisme prédomine sur cette question depuis de nombreuses années.
Encore récemment, un citoyen agacé m’interpellait : « Il n’est pas nécessaire d’attendre un retour des éducateurs de rue ou encore le dernier rapport de la Fondation Roi Baudouin pour mesurer l’ampleur du fléau. Ça suffit. Vivez mon quotidien de la Gare de Charleroi-Sud à la Ville-Haute pour me rendre au boulot et vous comprendrez. Je suis sans cesse accosté et dans le contexte où tout est en chantier, les SDF font barrages aux seuls endroits de circulation encore possibles. »
Tout ceci interroge grandement l’organisation de notre espace public.
Le Projet de Ville ou encore le Plan Stratégique Transversal, ne font pas mention à la problématique de la mendicité. Des intentions de la part des membres du collège sont régulièrement annoncées par voie de presse. Hélas, pour les carolos, rien ne semble changer ; on navigue à vue… A titre de comparaison, une ville comme Liège affiche un horizon plus clair en voulant consacrer Liège, « ville Zéro SDF ».
Pour ce qui concerne le cadre légal actuel à Charleroi : il s’agit du règlement de police relatif à la mendicité. Confirmé en septembre 2013, il prévoit la possibilité d’arrestations administratives, les horaires durant lesquels la mendicité est autorisée et une répartition par commune. Également, un comité mendicité de suivi et de concertation est mis en place et doit faire rapport. Le règlement mendicité a fait couler beaucoup d’encre en son temps et nul doute qu’il en fera couler encore beaucoup.
Cette problématique est réelle et doit être gérée avec davantage de proactivité, afin de trouver un nouvel équilibre, entre le respect de la dignité humaine et le respect de l’espace public.
Monsieur le bourgmestre, Madame l’échevine, voici mes questions :
Evaluation : Dans la presse récente, vous annonciez la modification du Règlement mendicité actuel sans en donner clairement le sens. Vous concluez à l’obsolescence du règlement actuel mais sans établir de bilan complet, 8 ans après son entrée en vigueur. En quoi n’est-il plus adapté et suffisant ? Une évaluation me semble primordiale afin de pouvoir discuter des causes du fléau et de trouver des solutions structurelles et transversales.
Présentation et suivi : La commission de suivi et de concertation s’est-elle réunie cette année et quelles sont ses recommandations ? Où en est la réflexion sur la mendicité, va-t-elle pouvoir reprendre ? Une présentation de la situation en Conseil communal me semble importante. Pouvons-nous la mettre à l’ordre du jour…
Sécurité : Vous semblez dire que la présence policière est un élément d’apaisement pour « éradiquer les comportements violents et harcelants » ou encore entendez recourir aux gardiens de la paix. Je vous rejoins sur cet aspect. Mais quels sont les moyens financiers supplémentaires pour engager davantage de policiers sur le terrain ?
Merci pour vos réponses.