Charleroi
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Demande d'interpellation citoyenne au Conseil communal par la Plateforme Charleroi pour la Palestine concernant l'invitation de Beer Sheva à Charleroi et boycott d’Israël en temps de génocide. https://www.deliberations.be/charleroi/decisions/23-juin-2025-18-30/demande-dinterpellation-citoyenne-au-conseil-communal-par-la-plateforme-charleroi-pour-la-palestine-concernant-linvitation-de-beer-sheva-a-charleroi-et-boycott-disrael-en-temps-de-genocide https://www.deliberations.be/@@site-logo/logo.svg
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Séance publique du Conseil
23 juin 2025 (18:30)
Point N° 4
State
Décision
Matière
Politique générale
Mandataire
Bourgmestre (T. Dermine)

Demande d'interpellation citoyenne au Conseil communal par la Plateforme Charleroi pour la Palestine concernant l'invitation de Beer Sheva à Charleroi et boycott d’Israël en temps de génocide.

Exposé

Projet de décision

Au nom de : Charleroi pour la Palestine


Chères concitoyennes, chers concitoyens,
Monsieur le bourgmestre,
Mesdames et messieurs les échevines et échevins,
Mesdames et messieurs les conseillères communales et conseillers communaux,


Au moins de mars 2025, citoyens et citoyennes carolos apprenaient que Charleroi s’apprêtait à accueillir une rencontre internationale de différentes villes dans le cadre du réseau Ascend.
Ce réseau vise à développer échanges et collaboration en matière de développement urbain durable. Le programme de l’assemblée générale qui devait se tenir à Charleroi début avril 2025 comprenait une session mettant à l’honneur la ville israélienne de Beer Sheva.


Consternation, colère, mobilisation : voici ce qu’a provoqué cette découverte parmi citoyens et citoyennes préoccupé·es par la justice. Pourtant, cela ne semblait avoir provoqué aucun remous au sein du collège communal, du conseil ou chez Igretec, chargé d’accueillir la rencontre. Il a fallu une campagne publique et de multiples interpellations par email et sur les réseaux pour que Charleroi se réveille et annonce finalement le report de l’événement, sans plus de détails.


Et pourtant…


L’État dit d’Israël commet, depuis 20 mois et 76 ans, génocide, éducide et écocide à l’encontre de la Palestine, sa terre et son peuple. Quelle ironie cruelle et aveugle que de mettre à l’honneur Beer Sheva, ville du sud d’Israël, pour présenter son modèle d’oasis urbaine, exemple de développement durable et faible en carbone dans le désert.


Soyons clair : de quel modèle parle-t-on ?


Beer Sheva se trouve dans les territoires arrachés au peuple palestinien et occupés en 1948, ceux qu’on appelle aujourd’hui Israël. Située dans le désert du Naqab, à 41 km de Gaza, où la population vit une situation apocalyptique, sujette à l’assaut génocidaire de l’armée israélienne depuis octobre 2023, après 18 années de blocus et de guerre. Si la ville de Beer Sheva est bien antérieure à la création de l’État d’Israël, elle en est aujourd’hui un de ses centres administratifs importants, et un lieu de colonisation, d’expropriation, de déportation et de nettoyage ethnique. Son territoire abrite par exemple bases militaires, prisons et camps de détention et de torture, permettant la mise en oeuvre du régime d’incarcération de masse des Palestinien·nes. Par ailleurs, il y a quelques années à peine, le plan Prawer produit par Israël conduisait à l’expropriation et la déportation de quelque 30 000 Palestinien·nes vivant dans la région. Depuis des décennies, Israël cherche à éloigner ces communautés de leurs foyers et à les placer dans des zones résidentielles prévues, ce que les organisations de défense des droits assimilent à un transfert forcé, càd à un crime de guerre en vertu du droit international. Pendant tout ce temps, Israël a investi des milliards dans le développement et la promotion de colonies de peuplement juives dans la région. Dans cette région désertique, vivent encore la moitié des 300.000 Bédouin·es palestinien·nes et ce, dans 40 villages non reconnus par Israël. Ces villages et leurs habitant·es sont privé·es de tout service public, n’ont aucune connexion aux réseaux d’électricité ou d’eau, et se trouvent sous la menace constante d’expulsion et de démolition des habitations. Certains villages ont déjà été détruits près de 200 fois.

 

Quel modèle, donc ! Un greenwashing pour masquer crimes de guerre, crimes contre l’humanité, colonisation, appropriation, génocide, nettoyage ethnique, suprémacisme et écocide.


Israël est une colonie de peuplement qui tue, détruit, exproprie, exploite, procède au nettoyage ethnique et à l’incarcération de masse. La moitié de la population palestinienne, soit presque 7 millions de personnes, vit aujourd’hui en dehors du territoire de la Palestine, pour la plupart dans des camps de réfugié·es : c’est sur leur déportation violente qu’Israël s’est construit en 1948, et continue de le faire.


Nous le savons toutes et tous, depuis octobre 2023, ce processus, en cours depuis au moins 1948, s’est accéléré, facilité par des décennies de politiques publiques éducatives visant à convaincre les habitant·es juif·ves d’Israël de leur droit à s’approprier la terre, de leur supériorité sur les Arabes, de l’inhumanité de ceux-ci.


Aujourd’hui, Gaza est détruite, ses habitant·es sont tué·es en masse, tandis que ceux et celles qui restent souffrent de la famine, de la peur, du deuil, de blessures lourdes, et vivent dans des ruines. Israël, assisté par ses alliés impérialistes, allant des États-Unis aux régimes réactionnaires arabes, entend finaliser son plan de déportation et d’assassinat de la population de Gaza, pour s’approprier ce territoire.


Aujourd’hui, la Cisjordanie est morcelée, occupée, colonisée. Les camps de réfugié·es sont attaqués, les routes sont détruites, l’eau et l’électricité coupées, les habitant·es emprisonné·es ou tué·es. Les attaques de colons et de l’armée sont quotidiennes. La vie des Palestinien·nes y est soumise au bon vouloir de leur oppresseur : les checkpoints empêchent de se déplacer librement, de travailler, de voir sa famille, de vivre. C’est l’apartheid : sur un même territoire, deux populations sont soumises à des régimes juridiques différents, aux Palestinien·nes l’arbitraire de la colonisation et la loi martiale de l’occupation, aux colons israéliens le régime civil.


Aujourd’hui, la population palestinien·ne du « Dakhel », celles et ceux qu’on appelle communément les Arabes d’Israël, est discriminée et vit dans la peur, risque l’enfermement si elle ose protester ou manifester son soutien aux habitant·es de Gaza et de Cisjordanie. Aujourd’hui, la moitié de la population palestinienne vit en dehors des frontières de la Palestine historique. Souvent dans des camps de réfugié·es, souvent apatride, cette population vit dans l’exil et le sacrifice depuis 1948.


Colonisation, épuration, appropriation, exploitation, génocide, apartheid.


Voici ce qu’est Israël aujourd’hui. Voici ce que Charleroi, en se préparant à accueillir Beer Sheva pour célébrer son modèle d’oasis urbaine, s’apprêtait à adouber, légitimer, normaliser.


Que peut-on faire, nous direz-vous ? Charleroi, à l’échelle de la planète, est insignifiante, nous n’avons aucun pouvoir sur ce qu’il se passe à 4500 km d’ici.


Nous avons, toutes et tous, le pouvoir de dire NON à l’inacceptable. Alors que les Palestinien·nes résistent depuis 1948, avec résilience et détermination, nous pouvons nous aussi agir. Depuis des décennies, les appels au boycott d’Israël se multiplient. Dans d’autres contextes, cet outil a montré son utilité, combiné à d’autres moyens de résistance – pensons à l’exemple sud-africain. Individus, villes, régions, États : il nous est possible de refuser la politique génocidaire et coloniale d’Israël en isolant cette entité au maximum : par le désinvestissement, le boycott, les sanctions. Le boycott a déjà eu des impacts importants sur l’isolement d’Israël, en amenant de grandes multinationales, comme G4S, Veolia, Orange, HP, Puma et d’autres à cesser totalement ou partiellement leur complicité avec les crimes commis contre le peuple palestinien. Par le monde, différentes villes ont voté des motions de boycott d’Israël. Ces motions engagent la Ville à ne pas coopérer avec des acteurs israéliens, et à ne pas passer de contrats avec des entreprises en lien avec l’occupation de la Palestine ; un boycott tant sur le plan politique que culturel, économique ou sportif. Des villes espagnoles ou encore américaines ont pris cette décision. En Belgique, la ville de Liège a voté une telle motion en 2023.


Il est donc possible d’agir, de ne pas s’asseoir sur les droits humains et le droit à l’autodétermination des Palestinien·nes pour célébrer Israël et son entreprise de greenwashing du génocide.


Alors, nous citoyen·nes désireux·ses de justice et de liberté pour tous·tes, nous sommes en colère et avons des questions.


Sur le traitement de l’affaire Beer Sheva


- Quel service public, à Charleroi, a pu valider le programme, mettant ainsi à l’honneur Beer Sheva et acceptant de l’accueillir ?


- Une fois que l’affaire a été portée à l’attention de la Ville suite à la campagne initiée par Charleroi pour la Palestine, quelles ont été les mesures prises ? Quels arguments ont été donnés aux partenaires pour justifier que la venue du représentant israélien n’était pas possible ? La nécessité de boycotter Israël en temps de génocide a-t-elle été avancée, ou la Ville s’est-elle retranchée derrière des arguments du type « il ne sera pas possible d’assurer la sécurité du représentant israélien » ?


- Quel est le contexte du report de l’assemblée d’Ascend ? A-t-elle déjà eu lieu ou aura-t-elle lieu ? Si oui, quand ? Beer Sheva (ou l’universitaire devant faire la présentation sur Beer Sheva) y participera-t-elle ou y a-t-elle participé ? Charleroi y participera-t-elle ou y a-t-elle participé ?

Plus généralement, sur la question de la collaboration avec Israël et l’entreprise de colonisation. Charleroi est une ville anti-fasciste, nous dit-on.


- Quelles sont les mesures que prévoit de prendre Charleroi, à son niveau, pour cesser d’apporter un soutien tacite aux crimes décrits précédemment, et contribuer à la pression montante, au niveau international, sur le régime colonial israélien ?


- En 2021, le Collège prévoyait d’exclure de ses marchés publics, dans les limites de la législation, toute entreprise qui entretiendrait des liens ou jouerait un rôle avec l’occupation de la Palestine. Quelles suites ont été données à ces intentions ? Des entreprises ont-elles été exclues de certains marchés publics sur la base de cet engagement ?


Enfin, face à l’horreur du génocide en cours, face au plan d’extermination mis en oeuvre à Gaza par Israël, et cela aux yeux du monde, la Plateforme Charleroi pour la Palestine propose que la Ville de Charleroi donne un signal fort et hisse le drapeau palestinien sur le fronton de l’hôtel de ville.

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