La Louvière
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Motion relative à l'augmentation du minerval dans l'enseignement supérieur et à ses conséquences pour les étudiants louviérois https://www.deliberations.be/lalouviere/decisions/21-avril-2026-19-30/motion-relative-a-laugmentation-du-minerval-dans-lenseignement-superieur-et-a-ses-consequences-pour-les-etudiants-louvierois https://www.deliberations.be/@@site-logo/logo.svg
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Séance publique du Conseil
21 avril 2026 (19:30)
Point N° 36
State
Décision
Matière
Administration générale
Mandataire
GOBERT Jacques

Motion relative à l'augmentation du minerval dans l'enseignement supérieur et à ses conséquences pour les étudiants louviérois 

Note explicative

Beaucoup de jeunes louviéroises et louviérois font des études dans d'autres villes et assument déjà (ou leurs parents) des frais de transport et de logement en plus des frais de minerval. 

 

L'accessibilité financière des études supérieures constitue un facteur déterminant d'égalité des chances, de mobilité sociale pour les étudiants louviérois. 


Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé une réforme des droits d'inscription dans l'enseignement supérieur prévoyant notamment que le minerval pour les étudiants à taux plein puisse atteindre 1 194 € à partir de l'année académique 2026-2027, contre un plafond actuel d'environ 835 €, soit une augmentation d'environ 43 %. 

 

Selon les estimations présentées lors des discussions budgétaires, près de 58 % des étudiants seraient concernés par ce montant plein. 

 

En outre, dans la Haute École Louvain en Hainaut (HELHa), site de La Louvière, les droits d'inscription actuellement pratiqués pour les étudiants non boursiers ressortissants de l'Union européenne sont sensiblement inférieurs à ce futur minerval. 

 

A titre indicatif, ces droits d'inscription s'élèvent actuellement à 700 € pour une année de bachelier (organisé en 4 ans). 

 

L'application d'un minerval harmonisé de 1 194 € représenterait dès lors une augmentation d'environ 71 % pour une année de bachelier. 
 

Cette évolution constituerait une hausse particulièrement importante pour les étudiants inscrits en haute école, où les droits d'inscription étaient historiquement plus faibles que dans les universités. 


Cette augmentation substantielle des droits d'inscription pourrait par conséquent dissuader un grand nombre d'étudiants de s'inscrire dans la filière proposée par la HelHa de La Louvière, à savoir infirmier responsable soins généraux, alors que le métier essentiel vers lequel mène ce type d'études supérieures se trouve en souffrance ou en pénurie aggravée, faute de nouveaux inscrits et in fine de nouveaux diplômés.

 

Enfin, les frais d'inscription ne constituent qu'une partie du coût global des études, qui comprend également le logement, les transports, les supports pédagogiques et les dépenses de vie quotidienne. 

 

Or, beaucoup de nos étudiants louviérois doivent se déplacer vers d'autres villes pour poursuivre leurs études, ce qui alourdit encore la charge financière. 

 

Une augmentation significative du minerval constitue un frein supplémentaire à l'accès aux études supérieures pour les étudiants et leurs familles. 

 

Il est proposé au Conseil communal :

-De s'opposer au projet d'augmentation substantielle du minerval prévue dans le cadre de la réforme annoncée par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

-De reconnaître que cette réforme : 

- constitue un frein à l'accessibilité financière à l'enseignement supérieur;

- porte atteinte à l'égalité des chances;

- attaque l'attractivité de la HELHa. 

 

-De demander au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de retirer cette réforme et d'en suspendre sa mise en œuvre.

 

-De mandater le Collège communal pour transmettre la présente motion : 

- au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ;

- au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ;

- à la direction de la HELHa ;

- ainsi qu'aux organisations représentatives des étudiants.

 

Délibération

Le Conseil ;

 

Vu l'article L1122-24 du Code de la Démocratie Locale et de la Décentralisation ;

 

 

Considérant que l'accessibilité financière des études supérieures constitue un facteur déterminant d'égalité des chances, de mobilité sociale pour les étudiants louviérois ;


Considérant que le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé une réforme des droits d'inscription dans l'enseignement supérieur prévoyant notamment que le minerval pour les étudiants à taux plein puisse atteindre 1 194 € à partir de l'année académique 2026-2027;

 

Considérant que les frais d'inscription allaient de 175€ pour certaines hautes-écoles à 835€ pour une année universitaire;

 

Considérant que le passage à 1194€ pour un minerval représente une augmentation comprise entre 680% et 43%;

 

Considérant que, selon les estimations présentées lors des discussions budgétaires, près de 58 % des étudiants seraient concernés par ce montant plein ;

 

Considérant qu'une augmentation significative du minerval constitue un frein supplémentaire à l’accès aux études supérieures pour les étudiants et leurs familles ;

 

Considérant que les frais d’inscription ne constituent qu’une partie du coût global des études, qui comprend également le logement, les transports, les supports pédagogiques et les dépenses de vie quotidienne - or, la majorité de nos étudiants louviérois doivent se déplacer vers d’autres villes pour poursuivre leurs études, ce qui alourdit encore la charge financière;

 

Considérant que la proportion de louviérois diplômés de l'enseignement supérieur est inférieur aux moyennes belges, wallonnes et hennuyères et que cette augmentation des frais d'inscription ne fera qu'éloigner encore plus les louviérois des études supérieures;

 

Considérant que l'obtention d'un diplôme supérieur permet de faciliter l'accès à l'emploi et que le taux d'emploi chez les louviérois est déjà inférieur aux moyennes belges, wallonnes et hennuyères.

 

DECIDE :

 

Article 1 : de marquer son opposition au projet d'augmentation substantielle du minerval prévue dans le cadre de la réforme annoncée par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

Article 2 : De reconnaître que cette réforme : 

- constitue un frein à l'accessibilité financière à l'enseignement supérieur ;

- porte atteinte à l'égalité des chances ;

- risque de réduire le nombre de diplômés du supérieur sur notre territoire, ce qui constitue un frein pour l'accès à l'emploi.

 

Article 3 : de demander au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de retirer cette réforme et d'en suspendre sa mise en œuvre.

 

Article 4 : de mandater le Collège communal pour transmettre la présente motion : 

- au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ;

- au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ;

- à la direction de la HELHa ;

- ainsi qu'aux organisations représentatives des étudiants.


Interventions

Monsieur Christian BIASE : nous allons passer au point relatif à la motion qui a été inscrit à la demande du groupe PTB. Madame DELHAYE souhaite effectuer une remarque préliminaire.

 

Madame Lucie DELHAYE : oui, merci Monsieur le Président. Nous souhaitons d’emblée remettre en cause la recevabilité de la motion et nous demandons un vote. En effet, nous jugeons que celle-ci s'écarte considérablement du contexte communal. Cela devient d'ailleurs de plus en plus récurrent, regrettable et fastidieux au sein de notre hémicycle. Il nous semble que l'objectif d'une motion communale est d'envoyer un signal au gouvernement dans l'intérêt communal. Or, nous suspectons que les messages que cette motion véhicule, tout comme les précédentes, se dirigent davantage vers une dénonciation politique que vers le bien-être des citoyens louviérois. Nous sommes conscients des difficultés que cette augmentation des droits d'inscription pourrait engendrer pour les citoyens, mais nous savons aussi que le gouvernement a veillé à protéger les plus fragiles. Dans ce contexte, il nous paraît absurde de l'interpeller pour une problématique qu'il a déjà réglée en trouvant un compromis entre réalités budgétaires et protection des plus démunis. Je vous remercie.
 

Monsieur Christian BAISE : je vais donc passer la parole à Madame LUMIA pour qu'elle explique cette motion qu'elle a introduite.

 

Monsieur Xavier PAPIER : Monsieur le Président, s'il y a une demande de vote de recevabilité, elle doit avoir lieu avant.
 

Madame Livia LUMIA : oui, c'est pour ça que je voulais réagir sur la recevabilité.

 

Monsieur Christian BAISE : d'abord, nous allons passer au vote sur la recevabilité de la motion effectivement et ensuite nous permettrons à Madame LUMIA de la présenter. Monsieur PAPIER, vous avez un point à nous signaler au sujet de la recevabilité ?
 

Monsieur Xavier PAPIER : oui mais Madame LUMIA voulait intervenir sur la recevabilité, elle a levé sa main avant mais j'aimerais bien aussi intervenir après.

 

Monsieur Christian BAISE : oui, Madame LUMIA, sur la recevabilité.

 

Madame Livia LUMIA : cette motion a été votée quasiment à l'identique à Liège. Je pense que ça démontre que l'argument de la recevabilité est nul et non avenu et révèle une fuite du MR pour ne pas aborder le fond de la motion.
 

Je voulais aussi apporter une précision. Cette motion, suite à la réunion des chefs de groupe que nous avons faite juste avant la séance, va être déposée conjointement avec le PS qui a fait plusieurs amendements. Ce serait une motion déposée conjointement PTB-PS et c'est Mademoiselle Joyce MUKANGOGA qui va la présenter. Ce sera oui pour la recevabilité bien sûr.

 

Monsieur Christian BAISE : Monsieur PAPIER, sur la recevabilité ?

 

Monsieur Xavier PAPIER : ce n'est pas pour nier l'importance du sujet que le PTB a apporté dans sa motion de ce soir. C'est parce que nous rejoignons pleinement ce qu'a évoqué le groupe MR pour l'avoir déjà répété à plusieurs reprises. En considérant que oui, il ne faut pas se tromper pour la lisibilité des citoyens sur les sujets que nous abordons au Conseil communal ni leur faire croire non plus que c'est le lieu sur lequel ça se décide. C'est très compliqué pour un citoyen à l'heure actuelle de séparer les niveaux de pouvoir, pour l’avoir vécu aussi, ça devient même parfois compliqué pour des parlementaires, quand on voit certaines de leurs questions d'actualité ou questions écrites. Mais là, on ne fait que complexifier et à part quelques exceptions où on a pu montrer qu'on avait quelque chose de particulier à apporter en tant que Louviérois dans le débat, la plupart du temps, tout ce que l'on fait avec ce type de motion sur des niveaux de pouvoir sur lesquels nous n'avons pas d'influence et qui ont leur propre représentation, c'est de créer des tensions et du flou. Et c'est pour ça que nous rejoindrons le groupe MR dans le vote contre le dépôt de la motion, en espérant que ça finira par amener à une réflexion plus générale sur la façon dont nous les déposons. Merci.

 

Monsieur Christian BAISE : Monsieur PAPIER, pour la recevabilité, vous votez oui ? Vous êtes passé directement au point.

 

Monsieur Xavier PAPIER : oui, je sais bien, Monsieur le Président. La fatigue aidant, je dois être certainement totalement incompréhensible, ce qui l’est certainement encore plus que d'habitude. Mais donc ça sera « non ».

 

Monsieur Christian BAISE : nous passons maintenant aux votes.

 

Monsieur Gérard WATERLOT : en tout cas, pour le groupe PS, ça sera oui, si je peux m'exprimer par rapport à la recevabilité.

 

Monsieur Christian BAISE : nous allons passer au vote de la recevabilité, et je vous donnerai bien entendu la parole et même en premier lieu.

 

Monsieur Gérard WATERLOT : juste dire quand même qu’il ne faut pas nier l'impact que ça aura sur les étudiants Louviérois également.
 

Monsieur Christian BAISE : passons à la recevabilité, puis nous partirons sur le fond. Madame LUMIA.
 

Madame Livia LUMIA : c'est oui, bien sûr.

 

Monsieur Christian BAISE : Monsieur PAPIER, vous avez déjà signalé et Madame DELHAYE également.

 

La motion est maintenant soumise sur le fond et je vais passer la parole à Madame MUKANGOGA pour qu’elle explique la motion présentée conjointement avec le PS.
 

Madame Joyce MUKANGOGA : je vous remercie. Chers collègues, le gouvernement MR-Engagés prévoit d'augmenter le minerval à 1200 euros et de le rendre obligatoire dans les universités et les autres écoles. Si cette mesure est adoptée, elle aura des conséquences super lourdes pour les jeunes de notre Ville. J'en fais partie également.

 

À la Louvière, comme ailleurs, de nombreux étudiants et leur ville seront directement impactés. Et beaucoup de jeunes Louviéroises et Louviérois font des études dans d'autres villes et assument déjà, ou potentiellement leurs parents, des frais de transport, de logement, en plus de leurs frais de minerval. Et pour ceux qui étudient dans la Haute École Louvain-en-Hainaut, donc la HELHa, sur le site de la Louvière, les droits d'inscription s'élèvent actuellement à 700 € pour une année de l'application. Avec la réforme du minerval, cela représenterait une augmentation d'environ 71 % pour une année de bachelier.

 

En gros, cette réforme traduit juste une vision super élitiste de l'enseignement supérieur. Parce que si on se pose la question simplement, qui peut réellement se permettre de payer 1200 € par an ?

 

Le MR et les Engagés disent qu'ils veulent faire contribuer les épaules les plus larges. Mais dans les faits, ce sont bien les familles des travailleurs qui seront mises à contribution. Concrètement, un étudiant dont les deux parents travaillent à temps plein devra payer ce montant plein. Et donc, ça concerne 60 % des étudiants.
 

Aujourd'hui, la réforme n'est toujours pas votée, elle a été reportée plusieurs fois, et ça c'est grâce aux résultats de la pression qui est de plus en plus grande. Partout la mobilisation s'organise. Pour rappel, le 24 mars dernier, des milliers d'étudiants étaient présents à Bruxelles. Et plus de 1000 académies ont pris position contre cette mesure. Et ça, ça montre que ce projet ne passe pas. Et face à cela, nous avons une responsabilité. Donc avec cette motion, nous proposons que la Ville de La Louvière se positionne clairement au côté de ce mouvement. Parce que l'accès aux études doit rester un droit fondamental et non devenir un privilège réservé à ceux qui en ont les moyens. Nous devons envoyer un signal fort : 1200 € de minerval, c'est non.
 

Concrètement, dans cette motion, nous demandons que le Conseil marque son opposition au projet d'augmentation substantielle de minerval prévu dans le cadre de la réforme annoncée par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Qu’elle reconnaisse que cette réforme constitue un frein à l’accessibilité financière à l'enseignement supérieur, qu’elle porte atteinte à l’égalité des chances et qu'elle risque de réduire le nombre de diplômés du supérieur sur notre territoire, ce qui constitue un frein pour l’accès à l’emploi, qu'elle demande au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de retirer cette réforme et d'en suspendre la mise en œuvre, qu'elle mandate le Collège communal pour transmettre la présente motion à la direction de la HELHa, au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ainsi qu'aux organisations représentatives des étudiants. Je vous remercie.

 

Monsieur Christian BAISE : merci Madame MUKANGOGA. Monsieur WATERLOT.

 

Monsieur Gérard WATERLOT : je voudrais dire qu’on va porter cette motion avec le PTB, mais on a quand même apporté quelques modifications. On a surtout insisté sur la corrélation avec que représentait les coûts et cette augmentation du minerval avec les difficultés de diplomation que cela pourrait engendrer chez nos étudiants et en particulier chez nos étudiants Louviérois. Il ne faut pas vous faire un dessin, les difficultés de diplomation entraînent des difficultés d'accès à la profession. Donc voilà, on a apporté quelques modifications par rapport à cette motion que nous soutiendrons.

 

Monsieur Christian BAISE : merci. Monsieur ROCCA.
 

Monsieur François ROCCA : merci Monsieur le Président. J'aimerais tout d'abord réagir sur ce qui a été dit afin de recontextualiser les chiffres qui ont été annoncés.

 

Dans un premier temps, je pense qu'au sein de ce Conseil, on est tous d'accord qu'il serait préférable de ne pas augmenter le minerval et mieux qu'il n'y ait pas de minerval afin que les études soient plus accessibles. Mais soyons réalistes, avec le contexte budgétaire, tout le monde se rend bien compte que ce n'est pas forcément possible. Soyons déjà content qu'il n'y ait pas eu d'augmentation depuis 2011 car oui, ce montant, c'est celui que j'ai payé lors de ma dernière année d'étude en 2011. Mais comme dans d'autres situations, nous sommes confrontés à payer les décisions du passé, le déficit créé.

 

Le montant du minerval n'est pas que le réajustement au coût de la vie de 2026. On n'est plus en 2011. En Belgique, on a la chance d'avoir un mécanisme qui s'appelle l'indexation automatique des salaires. Si l'on se base sur les indices santé de février 2011, année du gel du montant à 835 € et l'indice santé de février 2026, l'indexation du montant de 835 € donnerait 1210 €, c'est-à-dire que si aucun gel n'avait eu lieu, ce montant serait déjà à 1200 €. D'ailleurs, 835 €, c'est le minerval en université alors que dans de nombreuses autres écoles, ce minerval était inférieur. Où était le PTB, pendant toutes ces années, où vous avez laissé cette situation discriminatoire perdurer entre les étudiants du supérieur ?

 

Je travaille dans une université. Des étudiants en difficulté, j'en ai rencontré quand j'étais aux études et j'en croise toujours à l'heure actuelle. Mais des solutions, il y en a. Je tiens à souligner le travail remarquable des services sociaux des universités et des hautes écoles. Lorsque j'étais conseiller de l'Action Sociale, il y avait également des demandes d'aide et l'ensemble du personnel était très attentif à ces situations qui portent justement sur notre jeunesse, sur l'avenir de notre Ville. Mais il est important de rappeler que tout le monde ne fait pas appel à ces droits.

 

Alors, cette réforme qui est annoncée ne changera à priori pas grand-chose pour les boursiers mais pour les autres étudiants, il sera important qu'ils soient bien informés. Car, selon les informations parues dans la presse, on multipliera par 10 le nombre d'étudiants pouvant bénéficier d'un minerval dit « modeste » à 348 €. Et il restera aussi le palier intermédiaire à 835 €. Agiter le chiffre sans mentionner les taux annoncés et les filets de sécurité est une présentation tronquée de la réalité.

 

Pour finir, vous parlez de la HELA et ses études en soin infirmier. Soyons heureux que cette formation de qualité soit présente sur notre territoire, sur notre commune. Oui, je vous rejoins sur le fait que beaucoup de nos étudiants doivent se déplacer vers d'autres villes. Ce que je trouve dommage, mais c'est un autre débat. Mais à nouveau, je déplore l'instrumentalisation que vous faites par rapport à la HELA, la pénurie d'infirmiers structurelle, prétendre qu'une hausse du minerval est le facteur principal de découragement est une simplification qui ignore les vrais problèmes du secteur de la santé. Si vous siégez au niveau du pouvoir concerné par ces réformes, je vous encourage d'abord à y apporter des solutions constructives.

 

Pour conclure, plutôt que de voter une motion de principe qui n'aura, comme on l'a déjà signalé au début, pas plus qu'une portée symbolique, travaillons à mieux faire connaître les aides sociales existantes pour que chaque étudiant de notre ville utilise ses droits. Merci.

 

Monsieur Christian BAISE : merci Monsieur ROCCA. Madame DELHAYE.

 

Madame Lucie DELHAYE : oui, on voulait simplement ajouter que l'on déplorait le soutien apporté autant que la motion en elle-même car elle se teinte d'une approche à tendance populiste et politicienne. Nous voulons conclure en affirmant que la priorité de notre Conseil doit se centrer sur La Louvière et ses habitants et non sur une volonté permanente de critiquer un niveau de pouvoir qui n'est pas le nôtre.

 

Madame Leslie LEONI : Monsieur ROCCA, je suis désolée, je ne peux pas vous laisser dire ça. J'ai encore quelques heures dans l’enseignement supérieur. Aujourd'hui, j'ai dix élèves. Les dix payent leur minerval du mois de septembre au mois de juin, par mois. Voilà, c'est une représentation vraiment très réelle de la situation d'aujourd'hui. Je ne comprends vraiment pas vos dires et je ne peux pas laisser dire ça. Ce n'est pas possible.
 

Monsieur Loris RESINELLI : Monsieur le Président.

 

Monsieur Christian BAISE : Madame MUKANGOGA avait sollicité la parole avant vous.

 

Madame Joyce MUKANGOGA : je tiens juste à réagir à ce que Madame DELHAYE a dit il n'y a pas longtemps. Vous dites que ça concerne pas du tout les Louviérois mais moi, je suis une jeune étudiante Louviéroise et je risque de payer ce minerval à 1 200 €. Les étudiants font partie de La Louvière. Ils sont ceux qui vont faire tourner notre commune et moi je ne trouve pas ça normal qu'on ne parle pas des jeunes de La Louvière. Ils sont dans la commune donc ce ne sont pas des gens qui sont incivilisés.
 

Monsieur Christian BAISE : Monsieur RESINELLI.

 

Monsieur Loris RESINELLI : pour enrichir le débat avec Madame LEONI, vous dites que vous avez des étudiants qui étalent leur minerval sur 10 mois. Donc c'est une mesure sociale que le service social de la haute école leur a permis. Ça sera toujours permis
 

Madame Leslie LEONI : Intervention hors micro – inaudible.

 

Monsieur Loris RESINELLI : s'ils étalent, c’est parce qu'ils ont des difficultés à payer, ils bénéficieront probablement d'un minerval réduit, Madame LEONI. Ne faites pas croire que tous les gens qui ont des difficultés financières dans cette ville et en Fédération Wallonie et Bruxelles, payeront un minerval plein. C'est faux.

 

Dans ces étudiants, ce sont 40 % de ces étudiants qui ont des difficultés financières et qui ne payeront pas le minerval plein, ils payeront des tranches réduites ou ils ne payeront même rien. Et ça, c'est une augmentation de l'aide aux étudiants qui est par rapport à la situation antérieure, puisqu'on passe pour le montant de minerval pour revenus modestes, de 1 % de la population étudiante qui en bénéficie aujourd'hui, à 10 % demain. Donc c'est peut-être que tous vos élèves sont concernés et je l'espère pour eux.
 

Madame Leslie LEONI : intervention hors micro – inaudible.
 

Monsieur Loris RESINELLI : eh bien, ceux qui ne seront pas concernés pourront toujours bénéficier du soutien du service social de la haute école.

 

Madame Leslie LEONI : intervention hors micro – inaudible.
 

Monsieur Loris RESINELLI : trouvez-moi où en faire. Avec vous, il n’y en a jamais nulle part.
 

Madame Leslie LEONI : intervention hors micro – inaudible.
 

Monsieur Loris RESINELLI : nous, on en trouve, Madame LEONI. Il y a des moyens de faire des économies mais vous les contestez systématiquement.

 

Monsieur Christian BAISE : s’il vous plaît, Madame LEONI et Monsieur RESINELLI. Ce n'est pas le problème pour l'instant de rentrer dans une considération très technique, ça n'apporte pas nécessairement une information supplémentaire par rapport au dépôt de la motion. Oui, Madame FERRARO.

 

Madame Mélissa FERARO : j'aimerais bien avoir une petite précision sur ce que vous venez de dire, que probablement il y aurait des personnes qui vont peut-être ne pas payer le minerval. Et je voudrais savoir si c'est sur base du salaire ? Si c'est comparé à l'indexation qui a été bloquée parce qu'on dépasse les 4000 € ? Je voudrais savoir quel est vraiment le salaire de base qui va permettre de ne pas payer un minerval ? Sur quoi vous vous basez pour identifier une personne qui n'a pas les moyens de se payer un minerval et qui va donc payer moins ? J'aimerais bien savoir les chiffres. Donnez-nous des chiffres. Concrètement, qui va payer moins, qui va être considéré comme quelqu'un qui ne sait pas payer son minerval ?

 

Monsieur Christian BAISE : Madame Ferraro, je vais me permettre de vous dire simplement, je serai aussi heureux d'entendre ces chiffres mais ce n'est pas l'hémicycle qui connaît cela, c'est une donnée technique qui dépasse le Conseil communal. Et donc, je comprends très bien que personne ici ne puisse répondre à ça parce que personne ne travaille dans le service.
 

Monsieur Loris RESINELLI : Monsieur le Président, il y a pour répondre à Madame FERRARO, il y a une circulaire qui a été envoyée par la Ministre-Présidente, une circulaire informative puisque comme l'a dit à juste titre ma collègue du PTB, le texte n'est pas encore voté aujourd'hui, il sera voté dans un mois en plénière et pas parce que le gouvernement a reculé mais parce que simplement ce texte était prévu dans le décret programme 2 et le décret programme 2 était prévu d'être voté au mois de mai. Donc tout ça suit son parcours législatif normal mais donc, dans cette circulaire, il y a les déciles de revenus qui sont considérés. Par exemple, pour les étudiants qui bénéficient aujourd'hui du statut de boursier, c'est-à-dire qui payent 0 € de minerval, ces critères-là sont maintenus complètement et sont même relevés. Donc ça veut dire qu’il y aura des tranches supérieures d'étudiants qui aujourd'hui n'avaient pas de bourse qui demain en auront. Et puis, c'est par décile de revenus de la famille, du foyer, ce sont ces revenus-là qui seront pris en considération pour déterminer par décile. Les cinq déciles supérieurs payeront le minerval à 1200 € mais tous les déciles inférieurs payeront soit 0, soit le minerval pour revenu modeste, soit le minerval intermédiaire.

 

Monsieur Christian BAISE : merci Monsieur RESINELLI. Je voudrais bien que ce soient uniquement des interventions, non pas sur la mesure ou les calculs, et cetera mais des interventions qui vont donner des informations pour que les conseillers puissent prendre une décision. Si c'est pour une autre raison, je me limiterai à faire passer le vote. Madame LELONG.
 

Madame Emmanuelle LELONG : qu'on soit vigilant parce qu’on est toujours dans un scénario très optimiste du côté de Monsieur RESINELLI. Mais que porteur de relais, soyez vigilants quand même à quelque chose qui a été objectivé via des chiffres, parce que j'aime les chiffres et les études scientifiques qui y sont relatives, c'est quand même l'augmentation de la prostitution estudiantine, qui est en pleine expansion. Donc être optimiste aujourd'hui sur les mesures relatives au minerval, ça me paraît un peu compliqué. La prostitution est partout, en ce compris sur le territoire Louviérois. Il y a quand même des brigades des mœurs actuellement qui recherchent ces réseaux cachés en ce compris sur notre territoire où, excusez-moi, mais ces vieux cochons qui profitent de la précarité des étudiantes, on les appelle les « sugar daddy », pour se faire monnayer donc des relations sexuelles et elles, étant en situation de précarité, elles doivent payer leurs études sur base de ce type de revenu. Je pense qu'il y a un peu mieux comme vision de la société et de la vie. Voilà, tout simplement.

 

Monsieur Christian BAISE : Madame LUMIA, une dernière intervention avant le vote.

 

Madame Livia LUMIA : non mais simplement un chiffre pour appuyer le fait que ça concerne quand même vraiment beaucoup d'étudiants. 60 % des jeunes vont être impactés par cette hausse de minerval. Vous avez deux parents qui travaillent : maman est aide-soignante, papa est chauffeur de bus. Vous avez deux enfants à l'unif, et bien, ils vont tous les deux payer 1200 € de minerval. Ça pèse énormément sur les budgets des familles et ce ne sont pas les épaules les plus larges. Ce ne sont pas les grands patrons. Je vois que tu fais la grimace, donc tu considères qu'un couple avec une aide-soignante et un chauffeur de bus, ce sont les épaules les plus larges.

 

Monsieur Loris RESINELLI : absolument pas. Je fais la grimace parce que juste lâcher une hypothèse comme ça, en citant deux fonctions sans mentionner d’années d'ancienneté, sans prendre en compte d'autres potentiels revenus, on ne peut pas se baser sur un scénario imaginaire pour établir un exemple.

 

Madame Livia LUMIA : je propose que nous votions parce que vraiment, pour entendre des bêtises pareilles.

 

Monsieur Christian BAISE : je vais demander que les remarques ne soient concernées que sur l'information pour le vote.

 

Monsieur Olivier DESTREBECQ : c'est vous qui avez déposé la motion.

 

Monsieur Christian BAISE : je clôture les débats et nous passons au vote. Alors, pour le PTB, Madame LUMIA, s'il vous plaît, votre instruction de vote.

 

Madame Livia LUMIA : oui.

 

Monsieur Christian BAISE : Monsieur WATERLOT.

 

Monsieur Gérard WATERLOT : oui, mais avant de clôturer mon intervention, parce que tout le monde a pris la parole et j'aurais voulu m'exprimer deux petites secondes. J'entends bien les nombreux arguments qui ont été avancés mais il y a juste une chose qui est un élément qu'il faut mettre en avant, ce sont à nouveau les classes moyennes qui vont devoir trinquer et payer la facture des économies de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

Monsieur Christian BAISE : donc vous votez ?

 

Monsieur Gérard WATERLOT : intervention hors micro – inaudible.

 

Monsieur Christian BAISE : merci. Alors Monsieur PAPIER.

 

Monsieur Xavier PAPIER : non.

 

Monsieur Christian BAISE : Madame DELHAYE

 

Madame Lucie DELHAYE : non.

 

Monsieur Christian BAISE : merci.


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