Droit d'intervention du citoyen au Conseil communal. Interpellation d'un citoyen relative au dossier du développement de l'usine Holcim d'Obourg.
Le Conseil communal,
Vu l’article L1122-14 §2 du CDLD stipulant que les habitants de la commune peuvent interpeller directement le collège en séance publique du conseil communal;
Vu le ROI du Conseil communal;
Vu la décision du Collège communal du 08 octobre 2021 déclarant l’interpellation citoyenne relative au projet du développement de l'usine Holcim d'Obourg, recevable ;
Vu l’interpellation libellée et exposée comme suit :
"Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames, Messieurs les échevin(es),
Mesdames, Messieurs les conseillers(ères) communaux(les),
Suite à la réunion d’information à laquelle bon nombre de voisins ont assistés, je vous interpelle ce jour afin de vous partager notre désarroi et nos inquiétudes.
En effet, notre quartier n’est pas en reste en terme de nuisances (charroi, pollution sonore, olfactive,…). Suite à l’annonce du (re)développement de l’usine Holcim dans la presse, nous étions - à juste titre – sceptiques sur le projet caché derrière un voile de soi-disant promesse d’emploi. En effet, ceux-ci annonçaient 1000 emplois locaux. Annonce fausse étant donné qu’il s’agira essentiellement des équipes de démantèlement des vieux fours et de construction du nouveau. Donc au mieux quelques années. A la suite de cela, la majorité des emplois se retrouveront dans le Tournaisis.
Concernant l’étude d’incidence (Sertius), qui n’a pas encore débuté ses analyses, il est primordial pour nous que les intérêts des riverains soient privilégiés face à l’industriel. Nous attendons de leur part de la transparence, de la communication pour tous et une justesse dans le timing.
Pour les terres et l’implantation du nouveau four (et ses infrastructures), nous ne comprenons pas pourquoi l’industrie devrait se rapprocher de 150m des habitations ! Cette proximité notamment du quartier Green park, est plus qu’inquiétante. Pourquoi ne pas les aider à s’implanter sur le site d’Antoing malgré leur manque de place (30Ha à Antoing et 80Ha à Obourg) ?
Ensuite et je l’évoquais précédemment, les nuisances sonores sont plus qu’à redouter. En effet, le passage INCESSANT des trains entrant en gare afin de décharger les matières premières ne peut qu’accentuer le bruit au sein des quartiers ! Avec 6000 tonnes par jour, nous redoutons déjà les nuitées d’été !
En ce qui concerne les poussières et leurs retombées, nous craignons pour notre santé car les combustibles utilisés viennent de déchets industriels (tout et n’importe quoi) ! Mes voisins ont maintes fois fait par de cancers personnels et sur leurs animaux domestiques !
Avec ce projet et sa tour de 140 mètres de haut (et sa cheminée de 120m), la ville de Mons, se retrouverait avec un nouveau beffroi industriel qui viendrait défigurer l’image de la ville sur plusieurs dizaines de kilomètres !
Nous montois et riverains ne voyons pas ce que la ville de Mons et ses habitants ont à gagner dans la poursuite des activités d'Holcim Obourg. Pour une fois, l’excuse « ils sont là depuis 100 ans, on savait lors de notre installation » ne tient pas debout !
Pour conclure, sachez que ces inquiétudes viennent s’accumuler face au manque de courage des autorités pour dire NON à un tel projet qui viendrait s’opposer au bien-être des riverains, notre qualité de vie et surtout à notre santé !
Comptez-vous autoriser ce projet et accorder le permis à Holcim ?
Vous engagez-vous à communiquer officiellement (par courrier) les résultats précis de l’étude ?
L’exploitation des matières sèches risqueraient-elles d’augmenter les retombées de poussières ?
Avez-vous exploré les autres alternatives de site (Antoing) avec l’entreprise ?
Quel est votre point de vue sur le potentiel charroi de trains ?
Merci pour vos réponses,"
Vu la réponse faite par le Collège du 08 octobre 2021 ;
Le Conseil Communal ;
Prend acte de l’interpellation de Monsieur Arnaud PIPLART relative au projet de développement de l'usine Holcim d'Obourg et libellée comme suit:
"Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames, Messieurs les échevin(es),
Mesdames, Messieurs les conseillers(ères) communaux(les),
Suite à la réunion d’information à laquelle bon nombre de voisins ont assistés, je vous interpelle ce jour afin de vous partager notre désarroi et nos inquiétudes.
En effet, notre quartier n’est pas en reste en terme de nuisances (charroi, pollution sonore, olfactive,…). Suite à l’annonce du (re)développement de l’usine Holcim dans la presse, nous étions - à juste titre – sceptiques sur le projet caché derrière un voile de soi-disant promesse d’emploi. En effet, ceux-ci annonçaient 1000 emplois locaux. Annonce fausse étant donné qu’il s’agira essentiellement des équipes de démantèlement des vieux fours et de construction du nouveau. Donc au mieux quelques années. A la suite de cela, la majorité des emplois se retrouveront dans le Tournaisis.
Concernant l’étude d’incidence (Sertius), qui n’a pas encore débuté ses analyses, il est primordial pour nous que les intérêts des riverains soient privilégiés face à l’industriel. Nous attendons de leur part de la transparence, de la communication pour tous et une justesse dans le timing.
Pour les terres et l’implantation du nouveau four (et ses infrastructures), nous ne comprenons pas pourquoi l’industrie devrait se rapprocher de 150m des habitations ! Cette proximité notamment du quartier Green park, est plus qu’inquiétante. Pourquoi ne pas les aider à s’implanter sur le site d’Antoing malgré leur manque de place (30Ha à Antoing et 80Ha à Obourg) ?
Ensuite et je l’évoquais précédemment, les nuisances sonores sont plus qu’à redouter. En effet, le passage INCESSANT des trains entrant en gare afin de décharger les matières premières ne peut qu’accentuer le bruit au sein des quartiers ! Avec 6000 tonnes par jour, nous redoutons déjà les nuitées d’été !
En ce qui concerne les poussières et leurs retombées, nous craignons pour notre santé car les combustibles utilisés viennent de déchets industriels (tout et n’importe quoi) ! Mes voisins ont maintes fois fait par de cancers personnels et sur leurs animaux domestiques !
Avec ce projet et sa tour de 140 mètres de haut (et sa cheminée de 120m), la ville de Mons, se retrouverait avec un nouveau beffroi industriel qui viendrait défigurer l’image de la ville sur plusieurs dizaines de kilomètres !
Nous montois et riverains ne voyons pas ce que la ville de Mons et ses habitants ont à gagner dans la poursuite des activités d'Holcim Obourg. Pour une fois, l’excuse « ils sont là depuis 100 ans, on savait lors de notre installation » ne tient pas debout !
Pour conclure, sachez que ces inquiétudes viennent s’accumuler face au manque de courage des autorités pour dire NON à un tel projet qui viendrait s’opposer au bien-être des riverains, notre qualité de vie et surtout à notre santé !
Comptez-vous autoriser ce projet et accorder le permis à Holcim ?
Vous engagez-vous à communiquer officiellement (par courrier) les résultats précis de l’étude ?
L’exploitation des matières sèches risqueraient-elles d’augmenter les retombées de poussières ?
Avez-vous exploré les autres alternatives de site (Antoing) avec l’entreprise ?
Quel est votre point de vue sur le potentiel charroi de trains ?
Merci pour vos réponses,"
Maxime POURTOIS – Échevin:
"Merci pour votre interpellation. Dans cette interpellation, vous avancez plusieurs éléments que vous présentez comme des faits avérés pour lesquelles, en réalité, vous n'avez pas d'information pour une simple raison, il n'y a, à ce jour, aucune étude qui est réalisée. On en est dans les prémices et, donc ça, c'est un peu compliqué à entendre. Par ailleurs, sur le fond, les inquiétudes que vous évoquez, elles sont légitimes, elles sont d'ailleurs pour certaines partagées par le Collège. Et je tiens à rassurer tous les citoyens qui, à ce sujet ce soir, nous écoute, leur dire que la situation, en réalité, elle est loin du fatalisme que vous avez décrit dans votre intervention en décrivant une situation où tout serait joué. La réalité en fait, elle est vraiment différente et on en est loin pour une raison simple, puisque aujourd'hui nous sommes à l'étape de base, qui consiste au lancement d'une étude qui consistera en plusieurs filtres. Le filtre technique, le filtre scientifique, les filtres politiques, mais aussi filtres citoyens, ceux de l'enquête publique et donc vous le voyez, il y a toute une série d'éléments qui vont venir compléter le dossier qui est aujourd'hui à sa phase initiale. Phase initiales, vous l'avez effectivement souligné dans votre introduction, qui a commencé le 15 septembre dernier avec une R.I.P, une réunion d'information préalable auprès des citoyens, qui a été organisée et qui permet justement d'ouvrir une procédure légale qui va aboutir sur une étude d'incidence. L'étude d’incidence va étudier tous les aspects que vous avez évoqués dans vos différentes questions et dans votre intervention; c’est-à-dire, l'impact réel que le projet pourrait avoir sur l'environnement, sur les citoyens, sur le développement de manière général. À ce stade, il n'est pas possible de répondre aux questions précises que vous posez car nous attendons les résultats de l'étude d'incidences. Toutefois nous pouvons ouvrir des discussions sur plusieurs éléments sur lesquelles vous êtes intervenu. L'impact de l'emploi, je suis évidemment assez surpris d'entendre votre raisonnement qui consiste à faire en sorte qu'une entreprise implantée à Mons et qui génère aussi de l'emploi s'en aille et aille développer son projet à Antoing. Vous vous semblez dire que l'emploi qui est annoncé est un emploi limité dans le temps. Toujours est-il que 1000 emplois dans une région comme la nôtre est une donnée importante et je vous pose la question : N’est-il pas aussi important pour l'économie de la région que ces montois puissent aussi bénéficier de 1000 emplois, chez nous, plutôt que de les délocaliser, ne fusse que pour quelques années. Cela offre tout de même des perspectives de développement qu'il ne faut pas minimiser. Tout comme il ne faut pas minimiser, non plus, toutes les questions technologiques qui seront abordées dans le cadre de l'étude d'incidences, notamment sur les questions de diminution d'impact CO2. Vous évoquiez vous même les questions d'impact sur la population. C'est évidemment un élément important qui sera étudié. Et ces aménagements, ils vont d'ailleurs aussi permettre à HOLCIM de répondre aux normes européennes en termes d'impact de CO2 et d’en réduire les émissions à hauteur de plus ou moins 30% annoncés. Ça va aussi permettre de pérenniser l'activité dans le tissu local économique de cette entreprise, en évitant une importation de ces matières hors de l'Union. Concernant la crainte des nuisances, l'étude d'incidence va jouer un rôle fondamental. Sur la question du charroi, une étude sera réalisée pour savoir si l'impact d'une modification du transport, notamment via les voies ferrées, sera positif. Alors il y en aura au moins un, par un effet de vase communiquant, puisqu'il y aura moins de camions sur les routes. Restera, dans le cadre de l'étude d'incidences, à étudier les impacts de ce changement de mode de transport. Vous m'avez demandé si nous comptions autoriser ce projet et accorder le permis à HOLCIM. Il est beaucoup trop tôt pour se positionner aujourd'hui sur des questions de cette nature puisque on a vraiment besoin d'avoir les différents résultats de l'étude d'incidences et des éléments concrets qui vont apparaître. Cette R.I.P. a permis aux citoyens de se positionner, de poser des questions et ces questions seront reprises dans le document qui va servir de base à l'étude d'incidences et qui pourra ensuite être complétée et soumise à l'enquête publique. J'en termine sur la question de la transparence, un enjeu important pour le Collège, il y aura l'organisation d'une réunion qui se tiendra au début de l'enquête publique, durant laquelle seront présentés tous les résultats de l'étude d'incidences et les documents seront disponibles pour toute personne qui le demande auprès du service environnement. Je vous remercie."
Catherine MARNEFFE – Échevine:
"Comme expliqué par mon collègue, nous sommes actuellement vraiment en amont de l'étude d'incidence est du dépôt de permis. La question des alternatives de localisation de nuisances sonores, paysagère ou encore des retombées feront l'objet d'analyses approfondies par un bureau qui est indépendant du Collège et indépendant de l'entreprise. Il est évident qu'un permis ne pourrait être accordé qu'en fournissant des réponses satisfaisantes à l'ensemble de ces questions. Dans tous les cas, il sera indispensable d'éviter les nuisances, de les réduire et de compenser tout ce qui pourra être envisagé dans le cadre de l'étude d'incidences. Il ne s'agit pas cependant, dans le chef du Collège, d'avoir à priori un avis négatif envers un projet d'usine Holcim, que ce soit à Mons ou ailleurs en Belgique. Vous évoquez les questions d'emploi pendant la construction et la phase d'exploitation. On ne va pas faire la guerre des chiffres, mais le maintien de l'emploi et de l'activité économique dans la région en région wallonne est un enjeu important. La désindustrialisation en Europe nous rend moins autonome, moins résilients et plus à la merci des dérives de la mondialisation. L'exemple de la pénurie de matériel pendant le début de la crise COVID en est clairement l'illustration. Délocaliser l'activité industrielle, c'est aussi exporter les nuisances. Les règlements environnementaux dans les pays qui nous fournissent du béton, comme évoqué dans la présentation Holcim, en Turquie sont inférieurs aux normes européennes. Le projet qu’Holcim nous a présenté, vise une réduction des émissions de poussières et une réduction des émissions de CO2. Vu les enjeux climatiques, qui sont planétaires, qu'on émette moins de CO2 ici et plus en Turquie est un élément dont il faut tenir compte. La consommation de béton en Europe sera moins impactée si nous conservons une production wallonne et à fortiori dans une logique zéro carbone. On aura donc une attitude responsable dans l'analyse de ce dossier, avec des exigences environnementales fortes et la réduction maximale des nuisances pour les riverains. Comme vous, nous attendons, les résultats de l'étude d'incidence. Ainsi, nous espérons apaiser vos inquiétudes et les nôtres."
Monsieur Arnaud PIPLART:
"Merci. Je suis assez dubitatif quant à votre réponse, parce qu'à l'écoute de certains mots ou certaines phrases, je me dis que l'affaire elle est faite. Monsieur POURTOIS, Vous défendez l'entreprise et ces emplois. Vous allez plutôt supprimer des emplois. Vous allez avoir un four en moins et vous me dites qu'on va garder des emplois. Et vous me dites qu'on va garder des emplois ? Alors oui, on va peut-être en recréer quelques-uns dans ce projet de développement, mais ces emplois seront inférieurs à ce qu'il y a aujourd'hui. C’est donc peut-être un mieux pour certains points mais pas pour l'emploi. L'exemple de l'emploi n'est pas pour moi pertinent. Vous me parlez du projet et me dites qu'il faut attendre la fin de l'enquête d'incidence. Ce que je demandais était un avis et vous me semblez déjà en avoir un. Au sujet des informations que j'ai avancées, elles proviennent de la R.I.P., j'y étais présent ainsi que Mme MARNEFFE mais vous non, des informations vous ont été communiquées mais ça me paraît un peu peu. Lors de la présentation du projet, de l'objectif de diminution du CO2, du nouveau logo vert, de leur communication, nous, les riverains avions le sentiment que le projet était déjà validé. Et même les trains. Vous ne vous rendez même pas compte que, avec 6000 tonnes par jour on va avoir un boucan pas possible et que ça ne sera certainement pas bénéfique pour nous. Certainement pas bénéfique pour l'emploi et peut être pour votre image oui mais pas en fait pour nous. Je vous remercie."
Nicolas MARTIN – Bourgmestre-Président :
"Merci beaucoup, je ne veux pas polémiquer et je voudrais simplement vous dire que être élu, c'est garantir l'intérêt général avec une balance qui doit être faite entre d'une part des considérations liées à l'environnement, et d'autre part, des considérations liées au développement économique. Je trouve que vous balayez un peu facilement et un peu vite un siècle de présence de ce groupe sur le site d’Obourg que vous balayez un peu vite les emplois et les personnes qui travaillent sur place, que vous balayez un peu vite la valeur ajoutée que ça apporte à notre région et à la Wallonie. Comme l'a indiqué Madame Marneffe, nous sommes dans un processus où nous essayons de réindustrialiser l'Europe et la Wallonie, et donc ça ne doit pas se faire au détriment de la qualité de vie, mais il faut trouver un juste milieu entre les 2. C'est ce que le Collège fera dans son avis. Vous nous faites le procès d'intention de dire que notre avis est déjà établi, ça n'est pas du tout le cas et je pense que Monsieur POURTOIS a été très clair dans la manière dont il a répondu. Mais nous tiendrons compte des 2 dimensions. En sachant encore une fois que cette usine est présente depuis un siècle et qu'il faut aussi en tenir compte et que, contrairement à ce que vous semblez indiquer, il y a effectivement des emplois sur place, ce sont des emplois qualifiés, ce sont des emplois qui sont utiles au processus industriel et à notre région et qui ne peuvent pas être balayés comme vous semblez l'indiquer. Nous essaierons en tout cas de faire preuve de cette approche équilibrée dans l'avis que nous remettrons. Merci en tout cas à vous pour votre interpellation citoyenne, nous vous souhaitons une bonne soirée."