DG / SG / Droit d'intervention du citoyen au Conseil communal - Interpellation d'une citoyenne relative au projet de création de voiries et d'équipements sur le site de la ZACC 41 (Projet Matexi à Cuesmes)
Le Conseil communal,
Vu l’article L1122-14 §2 du CDLD stipulant que les habitants de la commune peuvent interpeller directement le Collège en séance publique du conseil communal ;
Vu le ROI du Conseil communal ;
Vu la décision du Collège communal du 2 avril 2026, déclarant l'interpellation de Madame Nathalie BELLET relative au projet de création de voiries et d'équipements sur le site de la ZACC 41 (Projet Matexi à Cuesmes) recevable ;
Vu l’interpellation libellée et exposée comme suit :
"Comment allez-vous répondre aux préoccupations d’ordre écologiques, d’économie des ressources naturelles, de décarbonation, de mobilité, de bien-être de la population existante et future si vous validez le projet de création de voiries et d’équipements sur le site de la ZACC41 et ce dans le cadre du projet Matexi 400 logements à Cuesmes alors qu’il y a eu une participation massive des citoyens ayant exprimé leurs inquiétudes concernant la qualité et l’impact du projet ?".
Vu la réponse faite par le Collège communal ;
DECIDE
Article Unique: de prendre acte de l'interpellation de Madame Nathalie BELLET, relative au projet de création de voiries et d'équipements sur le site de la ZACC 41 (Projet Matexi à Cuesmes) et libellée comme suit:
Monsieur Nicolas MARTIN, Bourgmestre
Il s'agit d'un droit d'intervention citoyen et donc, en l'occurence ici, d'un groupe de citoyens qui est représenté dans cette salle et qui souhaite interpeller le Collège communal par la voix de Madame Nathalie BELLET concernant le projet d'aménagement de la ZACC 41 à Cuesmes.
Madame BELLET, bonjour. Je vous invite à vous installer sur la table et à appuyer sur le micro pour pouvoir vous exprimer de manière intelligible pour tout le monde. Voilà, je vous en prie.
Madame Nathalie BELLET
Merci beaucoup.
Bonjour Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins, Mesdames et Messieurs les Conseillers communaux,
Je vais d'abord me présenter. Je suis Nathalie BELLET, habitante de CUESMES et je porte aujourd'hui la parole de milliers de citoyens qui ont rejoint le collectif “Cuesmes au pied de l’Héribus”. Mais je suis surtout une maman qui pense à l'avenir de nos enfants et nos futurs petits enfants.
La question que je souhaite vous adresser dans le cadre de cette interpellation est la suivante :
Comment allez-vous répondre aux préoccupations d’ordre écologiques, d’économie des ressources naturelles, de décarbonation, de mobilité, de bien-être de la population existante et future si vous validez le projet de création de voiries et d’équipements sur le site de la ZACC 41 et ce, dans le cadre du projet Matexi 400 logements à Cuesmes, alors qu’il y a eu une participation massive des citoyens ayant exprimé leurs inquiétudes concernant la qualité et l’impact du projet ?
Merci
Monsieur Nicolas MARTIN, Bourgmestre
Merci Madame pour votre interpellation. C'est l’ Échevin de l’Urbanisme, Monsieur POURTOIS, qui va vous répondre au nom du Collège. Monsieur l’ Échevin, je vous en prie.
Monsieur Maxime POURTOIS, Echevin
Merci Monsieur le Bourgmestre. Merci madame pour votre interpellation et par votre voix, merci également à tous les riverains qui sont simplement présents ici aujourd'hui ou qui nous écoutent au travers de notre live et qui sont inquiets ou simplement curieux. Je vais tâcher de répondre à votre interpellation puisqu'elle permet d'aborder un sujet extrêmement important qui touche directement la vie des gens et donc évidemment, c'est un sujet qui inquiète, qui questionne et sur lequel on peut lire parfois tout et également n'importe quoi. C’est donc l'occasion d'essayer un petit peu de recadrer la discussion ensemble aujourd'hui.
D’abord, peut être vous rappeler l'essentiel qui, même s'il paraît simple, mérite d'être dit. Les inquiétudes que vous évoquez sont légitimes, entendues et elles sont bien prises en compte par, non seulement la ville mais de manière plus générale, l'ensemble des autorités qui auront, d'une manière ou d'une autre, à participer dans le cadre de ce projet.
Ces inquiétudes sont légitimes puisqu'elles touchent votre quotidien et au fond, vous l'avez un peu évoqué en rappelant votre rôle de maman et aussi avec vos petits-enfants. C'est vrai qu'aussi, construire des logements, ça pose la question du logement pour nos enfants et nos petits-enfants mais ça doit s'intégrer dans un cadre intelligent et je tâcherai d'essayer de le rappeler dans cet exposé.
C'est un projet qui est d'autant plus important pour nous parce qu'il date de plusieurs années, vous l'avez rappelé, mais c'est aussi un projet pour lequel, depuis le début de ce dossier, le Collège a essayé de veiller à la plus large diffusion possible de l'information. Vous avez d'ailleurs normalement tous ici reçu, ou en tout cas pour tous ceux qui ont participé à l'enquête publique, un courrier vous invitant d'abord à une première réunion de concertation qui est cadrée par la réglementation et qui donc ne sera réunie que dans un petit comité mais au-delà de ça, le Collège a voulu aussi qu'on puisse organiser, et ce sera fait dans les prochaines semaines, une réunion publique pour l'ensemble des citoyens qui le souhaitent, de rencontres avec le développeur immobilier pour qu'il puisse présenter son projet mais surtout, répondre à l'ensemble des questions légitimes que vous êtes en droit de vous poser, de nous poser et de leur poser, c'est donc la réalité ici.
La première réalité que je voulais vous mettre en avant, c'est que la procédure de publicité, on l'a voulu maximale pour essayer de faire en sorte que vous puissiez au maximum non seulement vous structurer, force est de constater que c'est le cas aujourd'hui puisque je vous vois sur les réseaux sociaux très régulièrement et je pense que vous êtes aujourd'hui structurés, mais aussi de vous exprimer, d'être entendus et tout cela dans un cadre qui est conforme aux règles. Alors ça, c'était pour le préalable.
Maintenant, il y a aussi toute la réalité de ce dossier. Elle est peut-être un peu moins simple puisque ce dossier est en réalité un véritable nœud juridique administratif pour une raison simple: la dernière décision rendue dans le cadre de ce dossier date de 2014. Ce terrain, en 2014, la Région Wallonne l'a considéré comme constructible. C'est le résultat d'un SOL (Schéma d'Orientation Local) qui a été initié, en l'occurrence par la firme Matexi et qui a abouti sur la conclusion par la Région Wallonne que ce terrain est constructible. On ne parle pas d'un nombre de logements qui seront du jour au lendemain créés. On parle d'un processus très long qui consiste à accueillir une densité telle qu'elle a été proposée à ce moment-là en 2014 et donc, qu'est ce qui en découle ? Il en découle d'abord un opérateur privé qui a acheté en toute légalité différentes parcelles de ces terrains pour pouvoir y développer un projet et que depuis 2014, ce projet, basé sur la décision de la région de valider l'urbanisation avec une densité, a été pensé en fonction de cette décision et qu'il existe donc un cadre juridique réel qu’on ne peut pas nier. On peut le contester, on peut certainement se dire que la décision qui a été prise à l'époque n'est peut-être pas la bonne ou n'est peut être pas celle qui aurait dû être prise aujourd'hui mais en tout cas, elle existe et elle ne peut pas nous laisser indifférents. On doit donc prendre en compte qu'on ne part pas d'une page blanche.
Est-ce que pour autant, cela veut dire qu'on peut y faire tout et n'importe quoi ? Non, bien sûr. Cela veut simplement dire qu'on ne peut pas faire comme si de rien n'était, comme si rien n'existait aujourd'hui et qu'on ne peut pas simplement tout annuler. Cela veut donc dire Madame, et j'en termine tout doucement, que la demande de permis actuelle n'en est qu'à ses prémices. En réalité, il n'y a eu aucune prise de position du Collège sur le dossier à ce stade pour une raison très simple, c'est que l'étude d'incidences qui s'est terminée et qui a été remise doit seulement être étudiée au regard de ce qu'elle contient mais également, vous l'avez rappelé, au regard des nombreuses réclamations qu'il y a eu dans le dossier. Ces réclamations seront étudiées et prises en compte. Elles serviront évidemment à challenger aussi cette étude d'incidences et vous vous doutez bien que s'il y a la moindre question, la moindre suspicion ou le moindre doute sur l'un ou l'autre élément, la Ville de Mons ne laissera bien évidemment pas un projet se faire sans qu'on ait l'ensemble des garanties qui pourraient nous rassurer. C'est la même chose pour la question des voiries dont vous avez parlé il y’a un instant qui, elles aussi à ce stade, n'ont pas encore été validées par le Collège, ni par le Conseil. Le temps de la procédure, c'est aussi une garantie pour les citoyens que le projet sera analysé en profondeur, qu'il n'y aura pas de décision précipitée et que les impacts devront être étudiés avec la plus grande attention possible.
Ce qu'on souhaite donc aujourd'hui, c'est, non seulement, prendre le temps d'un examen sérieux mais comme je vous l'ai indiqué, c'est aussi d'avoir un échange avec vous par le biais de votre interpellation mais également avec les riverains qui le souhaitent dans le cadre de la réunion publique auquel le Collège s'est engagé à participer. Nous en assurerons d'ailleurs, au niveau du service de l'urbanisme, le secrétariat pour être bien certains de collecter l'ensemble des réclamations, questions, remarques et commentaires qui y seront adressées.
En définitive, pour répondre à votre question, nous serons attentifs et exigeants. Sur quoi ? D'abord sur l'intégration d'un projet comme celui-là à l'échelle d'un quartier, voire à l'échelle d'un village que représente en l'occurrence celui de Cuesmes et donc, indiscutablement, des questions de nuisances que vous avez soulevées et évoquées sur les enjeux de mobilité qui sont souvent repris et qui font d'ailleurs l’objet d'un chapitre de l'étude d'incidences qui a été jointe au permis d'urbanisme et puis de manière plus générale, de l'ensemble des questions du respect du cadre de vie. On fera en sorte que ces impacts soient mesurés d'un point de vue réel, au niveau du quartier et plus généralement, comme je vous le disais, de l'échelle même de la ville.
Je conclus en vous disant simplement qu'on comprend tout à fait légitimement la mobilisation qui est la vôtre, qu’on la respecte infiniment et qu'elle sera écoutée, entendue et comprise par le Collège mais que ça doit se faire dans le cadre d'une réflexion qui, à ce stade, n'a pas encore débutée puisque il y aura une analyse en détail de l'étude d'incidences. Celle-ci doit, malgré tout, toujours être analysée au regard d'une décision de 2014 parce que ce n'est pas le tout de vous faire plaisir sur un moment et de vous dire : “Vous savez quoi ? Vous avez raison, on ne fait rien.” si derrière, on a un projet qui finalement, en recours, aboutit et qui est pire que celui qu'on pourrait avoir sur la table. Je vois votre visage mais croyez ma toute petite expérience, on peut toujours faire pire et donc, en réalité, c'est hyper important de garder cela en tête parce que nous sommes aujourd'hui, comme vous, sujets à une décision de 2014. Effectivement, c'était une autre majorité, un autre Collège, une autre direction de l'Urbanisme d'ailleurs mais toujours est-il qu'aujourd'hui, cette décision existe et qu'elle est réelle. On doit composer avec mais dans un schéma qui n'est pas aussi facile que de faire simplement fit de cet élément.
Le Collège restera donc attentif, vigilant et exigeant. Il assumera les responsabilités sans céder à la facilité et à la précipitation. Notre objectif n'est en rien d'imposer mais de décider avec discernement en tenant compte à la fois des réalités juridiques, des enjeux urbanistiques et de vos attentes légitimes.
Monsieur Nicolas MARTIN, Bourgmestre
Merci Monsieur l’Echevin.
Si je puis me permettre d'ajouter un mot complémentaire à ce qu'a dit l’échevin et qui résume déjà, du point de vue de la procédure et même un peu du fond, le sentiment du Collège. On est évidemment en contact avec de nombreux habitants de Cuesmes, on mesure l'inquiétude qui est exprimée par rapport à la densité du projet qui était présenté par l'investisseur. Sachez que des réunions ont eu lieu encore ces dernières semaines avec l’échevinat, le service Urbanisme et l'investisseur avec, pour volonté claire, de diminuer l'impact global du projet sur la commune de Cuesmes et sur la ville de Mons. Indirectement, on mesure bien les conséquences en termes d'urbanisation, de chantier, de mobilité, de pertes d'espaces verts et donc de qualité de vie. Et donc, comme l'a dit l'échevin, il faut trouver un juste milieu entre le droit de l'investisseur à urbaniser et les diverses préoccupations.Quand on dispose d'un terrain à bâtir, c'est clair qu’on a des droits et même si la ville n'est pas d'accord, on peut aller en recours et imposer le respect du droit à la ville et donc, il faut quand même l'avoir bien à l'esprit. L'idée n'est certainement pas qu'on puisse se faire imposer un projet qui sera encore plus dense que celui qu'on voudrait accepter in fine dans le cadre d'un recours que l'investisseur pourrait faire contre la ville si nous étions excessifs dans notre positionnement mais à l'inverse, je pense que l'investisseur peut légitimement comprendre que les inquiétudes qui sont exprimées par la population sont partagées en partie sur certains aspects et en tout cas de manière très claire, par le Collège communal et les services de la ville. Et donc, il faut trouver un juste équilibre entre ces différents droits et ces différentes préoccupations. C'est notre intention, on a bien compris l'inquiétude des riverains de ne pas se retrouver avec un chantier permanent pendant 20 ans et je pense que ça a été dit très clairement lors des réunions citoyennes publiques qui ont eu lieu précédemment et donc, ça ouvre un champ de discussions possibles avec l'investisseur. Au-delà de ses considérations sur la rentabilité du projet qu'il doit développer puisqu'il faut aménager toute une série d'infrastructures à caractère public comme des voiries ou des charges d'urbanisme qui seront imposées notamment en termes de végétalisation, il sera important que l'on puisse continuer ce dialogue pour trouver le projet qui puisse agréer un maximum d'acteurs, que ce soit au niveau de la population, des services de l'administration, du Collège mais aussi des potentielles instances de recours que sont la Région et sur la forme, le Conseil d'État.
Voilà, vous avez la parole Madame. Je vous en prie, vous pouvez réappuyer sur le micro. Merci beaucoup.
Madame Nathalie BELLET
Merci beaucoup Monsieur le Bourgmestre, Monsieur l’Echevin.
Effectivement quand vous avancez cette décision de 2014, j'ai envie de dire que c'est une ancienne ère et donc qu'il y a eu énormément de changements d'affectation de terrains de zones vertes en ZACC. Aujourd'hui, peut être que ces changements ne seraient plus accordés étant donné la prise de conscience du changement climatique et l'importance de maintenir des sols perméables. Mon interpellation concerne le village de Cuesmes et la ZACC mais vous pouvez voir que dans l'assemblée, il y a d'autres communes, riverains et citoyens qui ont la même préoccupation par rapport à ces thématiques et le maintien des sols perméables.
Vous avez également parlé de cette trame verte et bleue par rapport à l'aspect environnemental et l'aspect voirie. Oui, effectivement, ces zones seront rétrocédées à la ville qui devra financièrement en assumer l'entretien. C'est aussi peut-être quelque chose à tenir en compte pour vous. Ce qui est dommage, c'est que depuis quelques années, on voit qu'il y a des permis de constructions qui sont octroyés pour des projets hors normes dans différentes communes de l'entité montoise. C'est une bétonisation de ces zones vertes qui deviennent constructibles et la question que tout le monde se pose: “Qu'est-ce qui vous oblige à les rendre finalement constructibles ? Est-ce que parce qu'un terrain est constructible, on doit absolument donner un permis pour le construire ?”. On parle d'une quantité de logements assez impressionnante. J'ai eu l'occasion de consulter une brochure publicitaire en 3 langues qui date de 2024 et qui s'appelle “MONS A PLACE TO INVEST”. Dans cette brochure, il est clairement indiqué que l'objectif est d’atteindre 100.000 habitants et donc 5000 logements supplémentaires ce qui pose quand même question étant donné que 3 à 5% du parc immobilier montois est structurellement vide. Il y a quand même quelque chose d'assez interpellant. On parle d'un besoin en logement mais il y a quand même une grande quantité de logements qui sont vides et qui pourraient être réaménagés plutôt que de détruire des espaces verts.
La question qu'on peut se poser légitimement: à qui sont destinés ces logements nouveaux qu'on construit un peu partout? Est-ce que c'est vraiment pour les citoyens actuels qui en ont besoin? Est-ce qu'ils en ont les moyens ? Ou est-ce que c'est pour d'hypothétiques futurs montois ? Est-ce qu’effectivement, on parlait d’investisseurs et que c’est pour des investisseurs privés que l’on continue à faire de très beaux appartements, de très belles maisons qui sont honnêtement hors de prix pour une grande majorité de la population.
Et la réalité, Monsieur le Bourgmestre, Monsieur l’Echevin, c'est que vos citoyens en ont marre de ces constructions. Ils n'en peuvent plus de voir se dégrader leur cadre de vie et, de grâce, ne les appelez plus des “nimby", ce mot de vocabulaire qui est une pure invention des promoteurs et qui n'a pour objectif que de discréditer nos arguments. Et donc les citoyens en ont marre de voir ces constructions, de voir que leur cadre de vie est dégradé donc je pense qu'il faut vraiment tenir compte de ça. Il y a la problématique ici de la ZACC 41 mais ça doit être une préoccupation globale pour votre électorat.
Mesdames, Messieurs les mandataires de la Ville de Mons,
En refusant le projet de création des voiries et d'équipements comme plus de 1000 cuesmois l'ont fait, vous avez la possibilité d'empêcher la destruction irréversible de ce site naturel. Vous avez la possibilité de suspendre la réalisation de ce projet hors norme “Green Washer” en écoquartier pour avoir bonne conscience. Surtout, vous avez l'opportunité de prendre une décision courageuse et juste qui s'inscrira dans la mémoire collective à l'horizon 2030.
Enfin, je vais juste clôturer mon intervention en vous posant une question à vous qui allez devoir prendre la décision: est-ce que vous êtes déjà venus sur place voir le site, voir à quel point il était merveilleux ? Je pense que vous devriez faire quelques photos pour les profils Facebook respectifs, ce serait magnifique avec “Hashtag nature, Hashtag cigogne” et ce serait une super publicité.
Je vous remercie de m'avoir reçue, de m'avoir entendue et pour ceux qui ont eu la politesse, de m’écouter.
Monsieur Nicolas MARTIN, Bourgmestre
Merci beaucoup. Je vous invite à rester si vous le voulez bien puisque comme vous avez posé quelques questions, l'échevin voudrait y répondre et vous aurez de toute façon le dernier mot donc je vous repasserai la parole.
Je passe la parole à Monsieur l’Échevin.
Monsieur Maxime POURTOIS
Oui, merci beaucoup Monsieur le Bourgmestre.
Evidemment, mon but n’est pas de polémiquer avec vous Madame. J'entends vos arguments et votre position à ce projet. Par contre, ce que j'entends moins et que je trouve un petit peu trop résumé dans votre position, c'est que vous nous dites : “En fait, vous avez décidé de bétoniser des zones vertes”. Vous sortez cet argument en le généralisant. Je ne sais pas quelle zone verte vous sous-entendez que l'on bétonise ? Ce que je sais par contre, c'est qu'il y a des règles dans ce pays, des terrains qui sont constructibles et ce que vous considérez comme une zone verte aujourd'hui, c'est ce qu'il l’était autrefois et qui, aujourd'hui, accueille votre maison et donc en réalité, depuis la nuit des temps et malheureusement à Mons, il y’a un défi qui est celui de créer du logement. Je suis ravi que vous ayez lu la brochure, notamment sur la création de logements mais pas que puisque la brochure vise à faire investir toute personne qui souhaite créer du logement, du bureau ou du commerce à Mons avec des retombées sur l'ensemble des citoyens et des commerces montois. Je suis ravi que cette brochure soit entre vos mains. Vous avez certainement pu voir que les 100.000 habitants ne sont pas du tout un objectif puisque ça ne donne droit à aucune compensation financière. Par ailleurs, dans les faits, nous sommes déjà largement plus de 100.000 habitants si on additionne par exemple le Shape et les étudiants et donc les 100.000 habitants, c'est bien. Je peux le redire ici une bonne fois pour toutes devant tout le monde au micro: ça n'a aucun intérêt pour personne, ce n’est pas un chiffre magique à atteindre. Par contre, vous avez donné un autre chiffre qui lui est très réel et très problématique: celui de la création de logement. Je rebondis sur un élément que vous avez dit: vous êtes maman et vous avez des petits enfants. Je présume que vous, vous avez envie qu'un jour, vos enfants et vos petits enfants puissent se loger pas loin de chez vous, que vous puissiez les voir et qu'ils soient dans un cadre agréable et supportable. Or, quand vous regardez aujourd'hui la situation, et plusieurs d'entre nous ici peuvent en témoigner, il apparaît qu'aujourd'hui, le prix de l'immobilier a tellement augmenté que ça devient impossible d'acheter et de rénover un bâtiment. Qu'est ce qu'on fait ? On essaie d'acheter du neuf mais c'est compliqué. Le neuf a augmenté et en plus de ça, on a des mesures fiscales actuelles qui font que la construction sur du neuf est moins intéressante et donc, c'est plus cher et plus compliqué. On ne sait pas non plus et donc c'est très simple, qu'est ce qu'on fait ? On se tourne vers le marché des locations. Je vous donne une anecdote qui résume tout: il y a quelques jours, j'ai reçu quelqu'un qui avait une maison et qui voulait absolument diviser sa maison de 80 m² en 2 petits appartements. Je lui dis: “Non, ce n’est pas possible. On ne va pas faire deux trous de nez”. Vous savez combien il y a eu de demandes en une journée pour 40 m² ? Il y a eu 60 demandes pour une raison très simple: les gens n'arrivent pas à se loger et nous, les "trous de nez", on n'en veut pas. Alors effectivement, ce que l'on souhaite, c'est qu'on puisse avoir des quartiers, apaiser. Ce que vous avez résumé comme étant une bétonisation, c'est en réalité un terrain de 15 hectares. Je suis très surpris que dans votre argumentaire, vous n'ayez pas évoqué le parc de 2 hectares qu'on a déjà imposé au stade de l'avant-projet "Sané", jamais arrivé dans aucun autre projet. Alors ça peut évidemment vous faire sourire, je l'entends bien. Votre intérêt est d'être contre ce projet, je le comprends. Mais derrière ça, il y a effectivement un enjeu de réalité qui dépasse le quartier et auquel on doit faire face tous, majorité comme opposition, c'est qu’il est indispensable de répondre aux besoins en logements des montois. Alors non, ces logements ne servent pas simplement à accueillir des nouveaux investisseurs qui viendraient mettre un billet et qui s’en vont. Ces logements ne servent pas simplement à accueillir des nouveaux riverains mais à accueillir des tas de familles comme, peut-être, il y en a ici et qui, malheureusement, se séparent et donc ces logements qui ont accueilli des enfants dans un foyer, ce sera maintenant deux foyers pour le même nombre de personnes. Ces logements servent aussi parfois, malheureusement lorsque la vie en décide ainsi, à permettre à un mari qui perd sa femme ou une femme qui perd son mari et qui ne sait plus vivre dans une grande maison, de trouver un logement plus adapté à sa situation. Ce sont des réalités très concrètes et il y a des milliers de cas par an de montois qui déménagent et qui cherchent des nouveaux cadres. On doit y faire face, on doit apporter des réponses et donc aujourd'hui, effectivement, on a des projets comme ceux-là qui sont des projets extrêmement importants. Le bourgmestre à très justement rappelé, à notre sens en tout cas, que l'enjeu de la densité sera vraiment au cœur de la discussion et qu'il faudra discuter de la densité du projet. À côté de ça, Madame, je vous en conjure dans le cadre de votre mobilisation qu'on respecte infiniment, s'il vous plaît, ne résumez pas simplement un projet à une sorte de grosse pelleteuse qui arriverait et qui mettrait du béton partout, ça n'est pas la réalité. Ce sont des quartiers qui sont constitués comme par ailleurs les vôtres l'ont été il y a 15, 20, 30 ou 40 ans et qui sont des quartiers qui répondent aux enjeux d'aujourd'hui avec de la verdurisation, des voiries adaptées et une réflexion de l'autorité politique qui n'est plus celle qu'il y avait autrefois et nous en tiendrons compte.
Monsieur Nicolas MARTIN, Bourgmestre
Merci.
Juste avant de vous repasser la parole Madame, je vais juste vous donner deux chiffres pour illustrer ce que l'échevin a dit. Le Collège doit statuer, et c'est toujours difficile pour nous, entre l'intérêt général de la ville, de sa population et des intérêts particuliers qui sont légitimes et qui sont notamment l'intérêt des riverains et des habitants qui habitent juste à côté de ces projets. Les deux chiffres en question, c'est que pour maintenir la population stable sans l'augmenter, il nous faut à peu près 250 nouveaux logements par an sur Mons compte tenu de la diminution de la taille moyenne des ménages qui évolue avec la société et qui est plus petite que par le passé. Pour illustrer par un autre chiffre ce que l’échevin a indiqué, on a 11.000 demandes de domiciliation chaque année à Mons. Ça veut dire qu'il y a une rotation extrêmement importante dans la population qui fait que ce ne sont pas nécessairement des personnes, des investisseurs, des promoteurs et des gens qui viennent de l'extérieur qui sont concernés par ce type de projet. Il faut aussi qu'on l’ait à l'esprit mais ça n'enlève en rien ce que l'on a dit tout à l'heure à savoir que les projets doivent être mesurés dans leur densité et dans le cadre qui les accueillent avec toutes les contraintes que l'on peut imposer raisonnablement aux investisseurs en termes de charges d'urbanisme et de limitation de densité. C'est dans ce sens que les discussions ont lieu depuis déjà un certain temps avec le porteur de projet mais vous avez le dernier mot de toute façon.
Je vous repasse la parole, vous pouvez appuyer sur votre micro. Voilà, je vous en prie, merci.
Madame Nathalie BELLET
Merci beaucoup.
Je veux bien. Les chiffres, ce n'est peut-être pas ma spécialité, je ne suis pas ministre des médias mais si on parle, on passe de 15 hectares à 2 hectares. Il y a quand même 13 hectares de béton de manière générale je veux dire. Alors quand vous dites qu’il y a un énorme besoin des familles qui sont en attente de logement, encore une fois, je veux bien mais vous connaissez le prix moyen de ces nouveaux logements et donc d'un logement Matexi puisque c'est le sujet ici ? Le prix minimum en Wallonie, c'est 300.000,00 €. Je veux bien que vous parlez de toutes ces familles qui cherchent un logement, même quand on divorce. J'ai été dans ma vie précédente divorcée, j'avais pas 300.000,00 € pour m'acheter une nouvelle maison donc ma question, c'est cette demande en logement. Vous parlez de 250 logements par an mais est-ce que ça doit toujours être des logements neufs ? Il y a énormément de logements qui sont des logements à rénover. J'imagine qu’une grande demande de la population concernent des logements décents avec un loyer modéré à hauteur de leurs revenus, de leur budget. Je reste, comme beaucoup d'autres citoyens je pense, un petit peu perdue par rapport à ces chiffres-là.
Mais encore une fois, je vous remercie de m'avoir reçue et de m'avoir entendue ce soir.
Monsieur Nicolas MARTIN, Bourgmestre
Merci à vous.
Ce que je vous propose puisque c'est difficile, on ne peut normalement pas faire de débats entre nous ce soir, il y a des règles qu'on doit respecter mais néanmoins, ça ne nous empêche pas de continuer à dialoguer, de vous apporter toute une série de réponses et de vous faire part des évolutions dans le projet. Je pense qu'il est prévu d'avoir un comité d'accompagnement de toute manière donc ce que je vous propose, c’est qu'on puisse avoir un contact avec des représentants du comité et qu'on puisse vous voir de manière régulière mais au rythme du projet. Ce ne sera pas toutes les semaines mais ce sera à chaque fois que les étapes seront franchies dans le cadre de ce projet, y compris d'ailleurs dans les discussions informelles avec l'investisseur. La prochaine étape sera cette réunion que l’échevin évoquait et avant de faire cette réunion ou juste après, on aura l'occasion de se voir en fonction de vos désideratas mais restons en contact. On a vos coordonnées donc je propose qu'on puisse avancer de la sorte et je vous remercie ainsi que les personnes présentes pour votre intervention et ce dialogue entre nous. Merci beaucoup.