Question de Monsieur Jean-Charles LUPERTO, Conseiller Communal (PS)
Lors de notre séance du mois de mai, vous aviez qualifié de façon étonnante les synergies entre la Ville et le CPAS de « foireuses », pour justifier votre volonté de fusionner les deux institutions.
Je souhaite revenir sur cette affirmation.
D’abord, permettez-moi de rappeler l’historique : ces synergies n’avaient rien d’improvisé. Elles ont été initiées il y a près de quinze ans, sous l’impulsion des équipes politico-administratives d’alors, avec un objectif clair :
- Rationaliser certains services supports comme l’informatique, les ressources humaines, les services techniques ou les marchés publics,
- Décharger le CPAS de tâches administratives pour lui permettre de se concentrer sur sa mission essentielle : l’action sociale,
- Réaliser des économies d’échelle sans jamais remettre en cause l’autonomie des deux institutions.
Ensuite, pour démontrer le caractère outrancier de vos déclarations, j’ai du batailler pour obtenir un rapport objectif et sérieux que j’ai fini, non sans peine par recevoir.
Ce rapport, sollicité auprès du Directeur général, Monsieur Gobbo, est sans ambiguïté :
- Il décrit des synergies efficaces et constructives, qui nécessitent certes des ajustements réguliers mais qui sont reconnues comme positives par les directions générales et les chefs de services.
- Il rappelle la définition légale de la synergie : « une volonté commune de gérer ensemble certains services dans le respect des missions et de l’autonomie de chacun »,
- Il souligne la nécessité de maintenir des mécanismes de concertation entre la Ville et le CPAS pour garantir l’équilibre.
En aucun cas ce rapport ne parle de synergies qui seraient « foireuses » ni d’échec. En aucun cas il ne conclut non plus à encourager une fusion.
Et d’ailleurs, même sur le plan financier, si les éléments chiffrés ont disparu à partir de 2019, c’est suite à une décision du Gouvernement wallon et non parce qu’il n’y avait rien de sérieux à présenter que du contraire… il suffit de considérer les gains générés par ces synergies sur plusieurs années, qui se chiffrent en centaines de milliers d’euros ! (Même si ce n’était pas l’objectif premier).
Donc, Monsieur le Bourgmestre, qualifier avec hargne de « foireuses » ces synergies revenait à insulter le travail de dizaines d’agents communaux et du CPAS, à nier l’apport des équipes qui les ont mises en place, et à mentir à la population en présentant comme un fiasco ce qui a été une construction patiente, positive et utile.
Je vous demande donc publiquement :
- De reconnaître que vos propos étaient excessifs et contraires à la vérité,
- De présenter des excuses aux agents, aux responsables politiques et à la population sambrevilloise pour les avoir trompés et insultés,
- De clarifier enfin si votre projet de fusion Ville-CPAS repose sur une analyse objective ou sur une simple posture idéologique.
Monsieur le Bourgmestre, en démocratie, on peut débattre de tout. Mais on ne doit jamais dénaturer les faits pour imposer son point de vue.
Comme l’écrivait Henri Poincaré, …la pensée ne doit se soumettre qu’aux seuls faits. Et les faits, Monsieur le Bourgmestre, sont têtus ! Vous ne pourrez donc pas justifier votre volonté de fusion par les synergies inefficaces !
Synergies qualifiées de "foireuses" entre la commune et le CPAS