QUESTION ORALE - Personnel communal
En application de l'article 70 §1er du ROI du Conseil communal, Monsieur Xavier DUPONT, Conseiller PS, pose une question orale d'actualité à Monsieur Sébastien DESCHAMPS, Bourgmestre, concernant le personnel communal, à savoir :
"...
Monsieur le Bourgmestre,
En cette fin d'automne, un vent favorable a fait tomber quelques feuilles à proximité de mon bureau.
Je n'ai pu m'empêcher de les ramasser, de les parcourir, d'être choqué de leur contenu.
Je vous rassure tout de suite, rien, dans le contenu de ce qui va être dit n'évoque des personnes en particulier et donc le huis-clos, cette question peut donc bien être évoquée en séance publique.
Ce courrier date du 17 juillet 2025 et vous est adressé. Il émane de Cohezio, le service externe de prévention et de protection au travail de la Commune d'Ecaussinnes et s'intitule "Introduction d'une demande d'intervention psychosociale formelle à caractère principalement collectif pour risques psychosociaux".
Ces demandes d'intervention concernent plusieurs services de l'administration communale. La situation à risque est décrite comme suit :
Plusieurs critères évalués négativement par les travailleurs sont en lien avec l'organisation du travail. Je cite :
Cette problématique semble s'être accrue depuis la mise en place du nouveau Collège, ayant bousculé l'organisation jusque-là mise en place. Voici ce qui ressort des différents dossiers :
- Une certaine confusion semble s'être installée dans la distribution des tâches, notamment lorsque des consignes sont transmises directement aux travailleurs par le Bourgmestre ou des membres du Collège. Cela peut générer un sentiment de désorganisation, voire d'ingérence, en contournant les circuits hiérarchiques habituels.
- Les travailleurs ressentent une intensification de la pression, liée à une attente de résultats rapides. Le travail doit, selon eux, rapidement exécuté quitte à flirter ou à dépasser le cadre légal. Selon l'autorité politique, les ordres doivent être exécutés, même s'ils semblent manquer de sens ou provoquer une perte financière selon les travailleurs.
- Le collège actuel est perçu comme hyper-contrôlant, laissant peu de place aux initiatives personnels ou à la créativité. Les travailleurs ont le sentiment de devoir se justifier sans cesse sur le travail qu'ils effectuent. En effet, d'après eux, le Collège manque de connaissance du travail, de considération des tâches accomplies et du temps nécessaire à la réalisation des dossiers.
- De manière générale, les consignes transmises manqueraient de clarté ou de structure, en l'absence d'outils de planification partagés permettant d'identifier les priorités et d'assurer un bon suivi des projets. Des incohérences seraient observées dans les consignes reçues, avec des priorités et directives qui diffèrent selon les interlocuteurs.
- Le Collège ne semble pas toujours avoir une vision précise du temps ou des ressources nécessaires à la réalisation des tâches confiées, ce qui peut générer des décalages entre les exigences exprimées et les capacités réelles d'exécution.
- Les procédures deviendraient de plus en plus complexes et lourdes. Il semble qu'elles ne sont pas concertées avec le terrain avant d'être mises en place.
- Il ressort que certains travailleurs perçoivent une pression accentuée, parfois vécue comme de l'acharnement lorsqu'ils ne partagent pas l'avis ou les décisions de l'autorité. Ils ont la sensation d'être considérés comme des problèmes, comme des gens stupides et non comme des atours. Il ne semble pas y avoir de concertation, de considération, de communication et de respect. Ils ressentent que l'autorité politique n'est jamais satisfaite du travail réalisé.
- Certains travailleurs ont le sentiment que ceux perçus comme proches de l'ancienne mandature sont davantage ciblés, faisant l'objet de pressions plus marquées.
- Quel que soit le niveau hiérarchique des personnes ayant cette responsabilité, le management est ressenti comme despotique, manquant d'humanité, pressant les employés et faisant peu preuve de valorisation et de reconnaissance.
- La surcharge de travail rapportée par les équipes aurait pour effet une diminution progressive de l'implication, un recours fréquent au travail dans l'urgence et une dégradation de la qualité des prestations, notamment lorsque des demandes interviennent à la dernière minute. Cette pression constante entraîne une fatigue importante, que les travailleurs peinent à compenser. Les délais deviennent difficiles à respecter, et plusieurs collaborateurs indiquent devoir mémoriser de nombreuses informations faute de temps ou d'outils adaptés, ce qui accroît leur stress et leur charge mentale.
- Les travailleurs impliqués dans ces demandes d'intervention ressentent un stress important lié à la peur de commettre des erreurs, de ne pas satisfaire aux exigences demandées et de ne pas livrer un travail reconnu malgré leurs efforts fournis.
- Certains membres du personnel perçoivent une forme de favoritisme de la part du nouveau collège, tandis que d'autres se sentent constamment soumis à une surveillance accrue. Cette perception d'inégalités dans le traitement, où certaines remarques semblent s'appliquer à certains mais pas à d'autres, engendre un déséquilibre, provoquant une surcharge de travail et un stress accru pour une partie des équipes.
Le vendredi 14 novembre, un certain nombre de membres du personnel a arrêté le travail, sous couvert de leur organisation représentative des travailleurs afin de dénoncer le climat de tension et de mal-être. Le Collège communal a reçu ces travailleurs et a indiqué avoir bien pris conscience de la situation. Vous leur avez d'ailleurs adressé un courriel dans lequel vous leur affirmiez qu'ils n'étaient pas seuls, que l'objectif était d'avancer ensemble, de maintenir le dialogue ouvert et de construire un environnement de travail où chacun se sent écouté. Et pourtant, dans le même temps, vous donniez des instructions au service des ressources humaines pour que chaque agent qui était présent lors de cet arrêt de travail se voit retirer deux heures de prestation.
Comment comptez-vous rétablir un climat de confiance et de respect entre l'autorité politique et les travailleurs ?
Comment allez-vous valoriser et reconnaître le travail accompli ?
Comment allez-vous faire pour cesser toute forme de discrimination entre les travailleurs ?
Quels dispositifs de concertation régulière, au-delà des organes légaux de concertation et de négociation, allez-vous instaurer pour que les travailleurs se sentent réellement écoutés ?
Comment le Collège communal va-t'il s'y prendre pour mieux comprendre les réalités du terrain ?
Comment comptez-vous concilier vos exigences de résultats rapides avec la nécessité d'un travail durable et de qualité ?
Comment expliquez-vous la contradiction entre votre message d'écoute adressé aux travailleurs et la sanction de deux heures de prestation retirées ?
Comment comptez-vous transformer l'arrêt de travail du 14 novembre en opportunité pour repenser le dialogue social ?
...".
Monsieur Sébastien DESCHAMPS, Bourgmestre, répond en séance.
Monsieur Xavier DUPONT, Conseiller PS, réplique en séance.