Question orale - Absence de prise de position de la Ville de Sambreville concernant le renouvellement du permis environnemental de l'aéroport de Charleroi
Question de Monsieur Cédric JEANTOT, Conseiller Communal (PS)
À deux reprises déjà, j’ai interpellé le Collège communal au sujet du renouvellement du permis environnemental de l’aéroport de Charleroi, sans obtenir de réponse claire ni d’engagement concret quant à une éventuelle prise de position de notre commune.
Depuis, la situation a évolué de manière significative : fin septembre, les bourgmestres de Fleurus, Fontaine-l’Évêque, Anderlues, Seneffe et Binche ont déposé un recours au Conseil d’État contre le permis octroyé à l’aéroport, estimant que celui-ci ne garantit pas suffisamment la protection de la santé publique, du cadre de vie et de l’environnement.
Parmi les points soulevés par ces communes :
- l’absence de couvre-feu nocturne,
- le manque d’études sanitaires indépendantes,
- la durée excessive du permis (20 ans, sans révision intermédiaire),
- l’absence de garanties ou de contraintes environnementales claires.
À Fleurus, commune voisine directement concernée par les trajectoires aériennes, le conseil communal a voté à l’unanimité l’introduction du recours.
Le bourgmestre a d’ailleurs rappelé qu’il ne s’agit pas d’être contre l’aéroport, mais bien de demander des garanties simples, légitimes et durables : un couvre-feu, des études de santé, un suivi environnemental permanent et une réévaluation régulière du permis.
Dès lors, plusieurs questions se posent aujourd’hui pour Sambreville :
- Pourquoi notre commune n’a-t-elle toujours pas pris position officiellement sur ce dossier, alors que des communes voisines l’ont fait avec force et clarté ?
- Des démarches de contact ont-elles été entreprises avec l’aéroport, la Région wallonne ou les communes voisines pour défendre les intérêts de nos citoyens ?
- Le Collège a-t-il évalué les impacts potentiels d’une réorganisation des couloirs aériens, notamment en cas de déviation des trajectoires au-dessus de notre territoire ?
- Le Collège envisage-t-il d’intervenir publiquement ou juridiquement pour garantir que Sambreville ne devienne pas une victime collatérale du silence qu’elle entretient sur ce dossier ?
Notre position est claire :
Nous reconnaissons l’importance économique et sociale de l’aéroport pour la région, mais nous considérons qu’un développement ne peut se faire au détriment de la santé, de la qualité de vie et de la sécurité des habitants.
Le silence de notre commune, là où d’autres ont choisi d’agir, risque d’être interprété comme un désintérêt ou un acquiescement, avec des conséquences concrètes sur notre environnement à moyen terme.
Je vous invite donc, Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les membres du Collège, à prendre publiquement position dans ce dossier, afin que la voix de Sambreville soit entendue et que nos habitants ne subissent pas, demain, les effets de décisions prises sans nous.
Réponse de Monsieur Pierre FALISSE :
En avril dernier, une réponse complète a déjà été apportée en avril dernier, détaillant l’ensemble des démarches concrètes entreprises par le Collège communal dans ce dossier.
Pour rappel, et pour répondre à la question d’une prise de position de notre commune :
- une note officielle du Collège a été transmise à la Région wallonne ;
- un contact direct a été pris avec le Ministre compétent ;
- et des échanges ont eu lieu avec la direction de l’aéroport de Charleroi.
Il est toutefois essentiel de replacer ce débat dans son contexte territorial et objectif :
Sambreville ne se trouve pas dans la même situation d’exposition que des communes comme Fleurus ou Fontaine-l’Évêque, beaucoup plus directement concernées par les trajectoires aériennes.
Par ailleurs, comme nous l’avions déjà indiqué lors de notre précédente réponse, un contact a été pris avec la SOWAER(Société Wallonne des Aéroports).
Suite à ces échanges, une réunion a été organisée en juin afin d’introduire une demande officielle d’installation de deux sonomètres :
- un à Velaine,
- et un à Keumiée,
les deux entités sambrevilloises les plus proches de l’aéroport.
Ces instruments permettront d’objectiver les nuisances sonores éventuellement perçues sur notre territoire, et donc d’agir sur base de faits mesurés et non de perceptions.
Pour rappel, les analyses actuelles confirment que Sambreville est très peu survolée :
- les premières habitations se situent à environ 2 km de l’axe d’atterrissage,
- et à plus de 4,5 km de l’axe de décollage.
Sauf modification majeure de l’orientation des pistes, notre commune ne se trouve donc pas impactée directementpar les trajectoires aériennes actuelles.
Enfin, la SOWAER nous a confirmé qu’aucune modification des trajectoires n’est envisagée, mais bien une augmentation progressive du nombre de mouvements aériens selon les procédures existantes.
En résumé, la Ville de Sambreville :
- reste vigilante et en contact avec les autorités régionales et aéroportuaires ;
- agit de manière proactive par l’installation prochaine de sonomètres pour disposer de données objectives ;
- et maintient une position équilibrée, favorable au développement économique sans négliger la santé et la qualité de vie des Sambrevillois.