QUESTION ORALE - Patrimoine culturel
En application de l'article 70 §1er du ROI du Conseil communal, Monsieur Michel MONFORT, Conseiller PS, pose une question orale à Madame Catherine WALEM, Echevine, concernant le patrimoine culturel, à savoir :
"...
Madame l'Echevine,
Ce que l'on entend par "patrimoine culturel" a changé de manière considérable au cours des dernières décennies, en partie du fait des instruments élaborés par l'UNESCO. Le patrimoine culturel ne s'arrête pas aux monuments et aux collections d'objets. Il comprend également les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et évènements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l'artisanat traditionnel.
Bien que fragile, le patrimoine culturel immatériel est un facteur important du maintien de la diversité culturelle face à la mondialisation croissante. Avoir une idée du patrimoine culturel immatériel de différentes communautés est utile au dialogue interculturel et encourage le respect d'autres modes de vie.
L'importance du patrimoine culturel immatériel ne réside pas tant dans la manifestation culturelle elle-même que dans la richesse des connaissances et du savoir-faire qu'il transmet d'une génération à une autre. Cette transmission du savoir a une valeur sociale et économique pertinente pour les groupes minoritaires comme pour les groupes sociaux majoritaires à l'intérieur d'un Etat, et est tout aussi importante pour les pays en développement que pour les pays développés.
Le patrimoine culturel immatériel est :
- Traditionnel, contemporain et vivant à la fois : le patrimoine culturel immatériel ne comprend pas seulement les traditions héritées du passé, mais aussi les pratiques rurales et urbaines contemporaines, propres à divers groupes culturels.
- Inclusif : des expressions de notre patrimoine culturel immatériel peuvent être similaires à celles pratiquées par d'autres. Qu'elles viennent du village voisin, d'une ville à l'autre bout du monde ou qu'elles aient été adaptées par des peuples qui ont émigré et se sont installés dans une autre région, elles font toutes partie du patrimoine culturel immatériel en ce sens qu'elles ont été transmises de génération en génération, qu'elles ont évolué en réaction à leur environnement et qu'elles contribuent à nous procurer un sentiment d'identité et de continuité, établissant un lien entre notre passé et, à travers le présent, notre futur. Le patrimoine culturel immatériel ne soulève pas la question de la spécificité ou de la non-spécificité de certaines pratiques par rapport à une culture. Il contribue à la cohésion sociale, stimulant un sentiment d'identité et de responsabilité qui aide les individus à se sentir partie d'une ou plusieurs communautés et de la société au sens large.
- Représentatif : le patrimoine culturel immatériel n'est pas seulement apprécié en tant que bien culturel, à titre comparatif, pour son caractère exclusif ou sa valeur exceptionnelle. Il se développe à partir de son enracinement dans les communautés et dépend de ceux dont la connaissance des traditions, des savoir-faire et des coutumes est transmise au reste de la communauté, de génération en génération, ou à d'autres communautés.
- Fondé sur les communautés : le patrimoine culturel immatériel ne peut être patrimoine que lorsqu'il est reconnu comme tel par les communautés, groupes et individus qui le créent, l'entretiennent et le transmettent ; sans leur avis, personne ne peut décider à leur place si une expression ou pratique donnée fait partie de leur patrimoine.
La Belgique et la France ont proposé la candidature de la culture foraine pour inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Chaque année, de février à novembre, la communauté des forains se déplace en suivant un itinéraire déterminé, revenant chaque année aux mêmes endroits. Accueillis par les autorités locales, ils installent leurs attractions dans un espace public, où ils restent d'une journée à plusieurs semaines. Les attractions comprennent des stands de nourriture avec des confiseries et friteries, des jeux d'adresse et de hasard et des manèges traditionnels et modernes tels que des carrousels, grandes roues et montagnes russes. Pendant la saison, ils vivent comme une communauté familiale dans des mobil-homes installées sur le champ de foire. La communauté des forains gère les attractions et diverti les participants, qui viennent profiter des manèges et des gourmandises proposées à la vente ou se promener dans les rues animées. Une fois la foire terminée, les forains démontent leurs attractions et se rendent dans la ville suivante. Datant des foires médiévales, la culture foraine est un mode de vie encore très présent aujourd'hui en France, en Belgique et dans toute l'Europe. Les parents et grands-parents sont impliqués dans l'éducation et la transmission des connaissances et des traditions aux enfants, qui participent aux tâches dès leur plus jeune âge. Les attractions, qui font partie intégrante du patrimoine forain, sont conservées, restaurées et utilisées par la même famille depuis plusieurs générations. Le mode de vie itinérant repose sur une forte solidarité entre les membres de la communauté et au-delà.
Le Comité de sélection du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO a décidé le 4 novembre 2024 d'inscrire la culture foraine, chère à nos traditions, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Cette décision implique que les pouvoirs publics ont le devoir d'adopter des politiques et d'établir des institutions pour le gérer et le promouvoir, de prendre toutes les mesures de sauvegarde appropriées, et ce, avec le consentement et la participation des communautés concernées.
A Ecaussinnes, nous connaissons plusieurs évènements qui accueillent des forains. Je pense notamment au carnaval, au goûter matrimonial, à la ducasse des Marchous, à la ducasse du Quartier Central et à la Place Cousin en fête. Malheureusement, pour certains de ces évènements, ils sont confrontés, de plus en plus souvent, à des difficultés financières et leur avenir est incertain.
Dès lors, est-ce que la Commune a prévu un dispositif particulier pour assurer la promotion de ces évènements, malheureusement de moins en moins nombreux ? Est-ce que des moyens financiers particuliers vont être débloqués pour assurer la pérennité ? Est-ce que des dispositifs particuliers d'accueil des forains vont être mis en place pour donner à notre Commune une certaine attractivité pour eux par rapport à d'autres évènements qui disposent de plus de moyens et disposent d'une plus grande attractivité ? Envisagez-vous une diminution de la taxe ou une exonération de celle-ci ?
D'avance, je vous remercie pour votre réponse.
...".
Madame Catherine WALEM, Echevine, répond :
"...
Merci Michel pour votre question qui met en lumière l’importance du patrimoine culturel et immatériel, en particulier la culture foraine, récemment reconnue par l’UNESCO.
Nous avons également la volonté de valoriser et de préserver ces traditions.
Conscient des défis, le Collège a pris l’initiative d’une rencontre avec les forains qui se déroulera le vendredi le 25 avril dans la salle du Conseil.
Cette réunion sera l’occasion de les mettre à l’honneur, de les écouter afin de mieux comprendre leurs besoins et attentes. (Lors de cet échange nous aborderons plusieurs sujets, le dispositif d’accueil, la fiscalité locale). Cette rencontre se conclura par un verre de l’amitié qui permettra de prolonger les échanges et de renforcer les liens.
Nous profiterons également de ce week-end pour communiquer officiellement sur la reconnaissance de la culture foraine par l’UNESCO.
Je vous tiendrai informé des conclusions et des mesures envisagées.
...".
Monsieur Michel MONFORT, Conseiller PS, réplique en séance.